1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

Les combats s'intensifient à Nzibira, dans le Sud-Kivu

22 septembre 2025

A Nzibira, dans l'est de la RDC, les Wazalendos affrontent l'AFC-M23 pour empêcher cette localité-clef de tomber aux mains des rebelles. Les civils fuient ces violences.

https://p.dw.com/p/50uoo
RDC : des jeunes se présentant au recrutement pour intégrer les milices Wazalendo à Bukavu (photo de janvier 2025)
Les Wazalendo sont des milices de citoyens qui prennent les armes pour combattre les rebelles de l'AFC-M23Image : AMANI ALIMASI/AFP/Getty Images

Depuis la semaine dernière, les combats se sont intensifiés sur plusieurs fronts dans l'est de la République démocratique du Congo, entre les rebelles du M23 et l'armée congolaise, épaulée par ses alliés des groupes locaux d'autodéfense, les Wazalendo.

Hier, dimanche, les rebelles ont pris le contrôle de la cité minière de Nzibira, située dans la province du Sud-Kivu, pendant que, dans les territoires de Masisi et Walikale, dans le Nord-Kivu, l'aviation congolaise ciblait les positions des rebelles. 

Les habitants de la région recommencent à fuir, alors que cette reprise des combats intervient en dépit du cessez-le-feu convenu, en juillet dernier, par l'accord de principe signé entre les parties en conflit, à Doha, au Qatar.

Mouvements de troupes

La reprise des combats n'est pas vraiment une surprise puisque des mouvements de troupes avaient été repérés, depuis le début du mois, de part et d'autre, sur la ligne de front. 

#PasSansElles : dans quel Congo souhaites-tu vivre ?

Les rebelles du M23 se sont emparés, hier dimanche, après d'intenses combats, de la cité minière de Nzibira, dans le territoire de Walungu, dans la province du Sud-Kivu.

Patrick Mweze est un acteur de la société civile locale. Il témoigne: "À cet instant, je suis en fuite vers le territoire de Mwenga, vers où la plupart des gens s'orientent. Il était trois heures du matin lorsque les coups de feu ont commencé à retentir dans tous les coins de Nzibira. Les rebelles du M23 ont réussi à déborder par Maziba et ont chassé les Wazalendo qui étaient dans ce secteur. Depuis hier, je n'ai pas de nouvelles de mes deux enfants qui ont fui avec d'autres personnes qui se seraient orientées soit à Mwenga, soit à Lugushwa."

Des boucliers humains

Depuis jeudi dernier, des combats sont également signalés dans les territoires de Masisi et Walikale, dans la province voisine du Nord-Kivu, où l'armée congolaise a lancé plusieurs attaques aériennes.

Edwige Katarina est enseignante dans une école primaire de la région.Selon elle, "le problème est que les avions de guerre des FARDC ont subitement commencé à bombarder les positions des rebelles sur des collines, samedi dans la matinée. Hier dimanche, ils ont encore fait plusieurs navettes de Mpeti vers d'autres villages de Bashali, dans le Masisi.”

RDC : l’art pour renforcer la résilience en zone de guerre

L'enseignante affirme que les rebelles du M23 se servent des civils pour se protéger, en les empêchant de partir :

"Les rebelles ont abandonné leurs positions pour se réfugier dans la cité, et même dans des maisons. C'est pourquoi, les habitants qui ont eu l'occasion de partir, depuis hier, sont partis. Moi-même, c'est ce matin que j'ai pu m'échapper avec mes enfants, car les rebelles n'autorisent plus les civils à fuir. En tout cas, la situation est devenue encore plus compliquée."

Positions rebelles ciblées à Masisi et Walikale

Les frappes aériennes de l'armée congolaise ont ciblé les positions rebelles dans les territoires de Masisi et de Walikale.

Ces récents combats montrent que les discussions diplomatiques sont dans l'impasse, estime Daddy Saleh, un analyste politique congolais. Pour lui, "toutes ces négociations n'ont pratiquement rien apporté au peuple congolais. Ni la paix, ni le développement, ni quoi que ce soit. Nous devrions comprendre que tout doit dépendre du peuple congolais."

Dans un communiqué publié le 20 septembre, l'armée congolaise a annoncé une riposte "rigoureuse et déterminée" à ce qu'elle qualifie de multiples provocations des rebelles du M23, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.