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CMD 2026 : la guerre en Iran accroît les inquiétudes

Matt Pearson | Bob Barry
3 mars 2026

À 100 jours du Mondial 2026, la guerre au Moyen-Orient ravive les inquiétudes : sécurité, hausse des coûts et villes hôtes réticentes restent des défis majeurs.

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Fußball I iranische Nationalmannschaft I WM Katar 2022
Image : farsnews.ir

À 100 jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, l’ambiance autour du premier Mondial à 48 équipes est loin d’être sereine. Alors que les barrages de mars doivent déterminer les six derniers qualifiés, les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran, suivies de représailles iraniennes, font planer un doute inédit sur la participation de la Team Melli, pourtant déjà qualifiée. Selon plusieurs sources proches du dossier, l’Irak pourrait être appelé à remplacer l’Iran en cas de retrait.

L’Iran dans l’incertitude

Le président de la Fédération iranienne de football, Mehdi Taj, a reconnu lundi (02.03) que la situation pourrait entraîner une décision radicale. "Il est difficile de dire ce qu’il va se passer, mais il y aura certainement une réponse ", a-t‑il déclaré à la télévision publique IRIB Channel 3, évoquant la violence de l’attaque et son impact psychologique. " Il est aujourd’hui difficile d’aborder la Coupe du monde avec espoir. "

Aucune décision n’a été prise concernant l’équipe masculine, tandis que la sélection féminine a entamé sa Coupe d’Asie par une défaite en Australie. Le Premier ministre australien Anthony Albanese, tout en n’étant pas impliqué militairement, a explicitement soutenu les États‑Unis, ajoutant une dimension diplomatique supplémentaire. Les hommes doivent, quant à eux, disputer leurs trois matchs de groupe aux États‑Unis : d’abord deux rencontres à Los Angeles contre la Nouvelle‑Zélande et la Belgique, puis un troisième match à Seattle face à l’Égypte.

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Les frappes américano-israéliennes se sont intensifiées sur Téhéran. Image : Majid Asgaripour/WANA/REUTERS

Voyages impossibles pour les supporters iraniens

Si la FIFA assure " surveiller la situation ", un autre obstacle demeure : les supporters iraniens ne pourront de toute façon pas entrer sur le sol américain en raison du travel ban toujours en vigueur.
Cette interdiction concerne également des pays qualifiés comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou Haïti. Les joueurs et officiels ne sont pas concernés, mais le climat de suspicion envers les étrangers à l’entrée du territoire inquiète plusieurs nations participantes. La perspective d’un boycott européen, brièvement agité plus tôt dans l’année, s’est estompée. Toutefois, l’imprévisibilité politique de Washington continue d’alimenter les spéculations.

Des prix de billets qui affolent les fans

Même pour ceux autorisés à se rendre aux États‑Unis, une autre réalité frappe : celle des coûts.
Les billets pour la finale commencent à 2 000 dollars, les meilleures places dépassant 8 600 dollars. Sur la plateforme officielle de revente de la FIFA, un ticket s’est même retrouvé affiché à… 143 750 dollars.

D’autres billets seront mis en vente en avril, une fois tous les qualifiés connus, un timing qui fait craindre une nouvelle flambée des prix en l’absence de régulation stricte.

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Le président Donald Trump et son administration ont publié une liste de pays dont les ressortisants sont interdits de se rendre aux Etats-Unis. Image : Evan Vucci/AP Photo/picture alliance

Aux États‑Unis, l’accessibilité des stades complique encore la situation : parkings payants à 300 dollars la journée au SoFi Stadium de Los Angeles, distances importantes à parcourir… Des coûts rarement observés lors d’événements sportifs nationaux.

Fan‑zones menacées par la crise budgétaire américaine

Les fan‑zones, désormais essentielles pour les supporters sans billets, sont elles aussi compromises. En raison d’un blocage budgétaire à Washington, près de 900 millions de dollars destinés aux villes hôtes n’ont pas été débloqués.

À Miami, le comité d’organisation prévient qu’il devra prendre " des décisions difficiles " si la situation n’est pas résolue d’ici la fin du mois. D’autres villes émettent les mêmes avertissements : les matchs auront lieu, mais les festivités autour du tournoi pourraient être fortement réduites.

Le Mexique et le Canada rattrapés par leurs propres défis

Au Mexique, où doit se tenir le match d’ouverture le 11 juin à Mexico, un regain de violence lié à l’assassinat d’un chef de cartel fin février a ravivé les inquiétudes. La présidente Claudia Sheinbaum a indiqué que la FIFA effectuerait prochainement une inspection, tout en assurant avoir reçu la " pleine confiance " de Gianni Infantino. Au Canada, Toronto et Vancouver semblent mieux préparées, même si des questions logistiques subsistent.

Bob Barry Journaliste, présentateur et reporter au programme francophone de la Deutsche Welle@papegent