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Burkina : INSO préoccupée par la libération de ses employés

12 octobre 2025

L'ONG INSO basée aux Pays-Bas rejette les accusations du gouvernement burkinabé et se préoccupe du sort de ses employés détenus.

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Des agents contrôlent des voitures arrêtées à un poste de contrôle sur la route entre Quaga et Kaya (Archives : 04.02.2020)
L'ONG INSO est spécialisée dans la sécurité humanitaireImage : Joerg Boethling/imago images

Huit employés de l'ONG INSO, dont des expatriés et des locaux, ont été arrêtés par les autorités burkinabè. Ils sont accusés d'espionnage au profit de puissances étrangères. Des accusations que l'organisation réfute catégoriquement.

"L'INSO soutient d'autres ONG et organisations humanitaires qui viennent en aide aux personnes dans le besoin. Nous collectons, analysons et diffusons des informations aux acteurs humanitaires", explique Anthony Neal, directeur du protocole, du plaidoyer et de la communication de l’INSO. 

"En outre, nous collectons des informations telles que : y a-t-il eu un vol à main armée aujourd'hui sur cette route ? Y a-t-il eu un accident de la route ? C'est ce que nous faisons dans 20 autres pays à travers le monde. C'est ce que nous faisions au Burkina Faso. Mais l'important est que nous les collectons exclusivement à des fins humanitaires."

Des détenus en bonne santé, selon les autorités

Un véhicule militaire transportant des militaires français en patrouille dans une zone rurale à Bourgou (zone frontalière avec le Niger et le Mali)
Le Burkina Faso est dirigé depuis trois ans par le capitaine Ibrahim Traoré à la tête d'un pouvoir en rupture avec l'OccidentImage : Michel Cattani/AFP

Selon Ouagadougou, certaines des activités d'INSO auraient pu nuire à la sécurité nationale. Mais l'ONG assure que ses analyses sont partagées en toute transparence avec la communauté humanitaire.

"A notre connaissance, il est encore un peu trop tôt pour dire quelles seront les implications juridiques après la conférence de presse. Nous avons pu maintenir certains contacts ou rendre visite à certains de nos collègues il y a quelques semaines, et à ce moment-là, ils étaient en bonne santé et de bonne humeur, mais malheureusement, nous n'avons pas pu voir tous nos collègues", déplore Anthony Neal.

"Nous ne sommes donc pas tout à fait sûrs de la situation de certains de nos collègues nationaux, mais les autorités avec lesquelles nous avons été en contact nous ont assuré que tous nos collègues avaient été bien traités et qu'ils étaient en bonne santé.”

"Ne pas confondre humanitaire et espionnage"

L'INSO dit avoir activé une cellule de crise et mobilisé ses équipes juridiques pour obtenir la libération de ses employés. Elle a suspendu toutes ses activités dans le pays, dans un souci de coopération avec les autorités et pour la sécurité de ses membres encore sur place. L'organisation continue néanmoins de s'acquitter de ses obligations légales comme le versement continu de leur salaire et du loyer des bureaux.

"Nous avons bien sûr essayé en premier lieu d'entamer un dialogue avec les autorités afin de discuter de leurs préoccupations et de dissiper tout malentendu, dans l'espoir que cela ouvre la voie à la libération de nos collègues. Nous avons également continué à explorer les voies juridiques et diplomatiques afin d'obtenir la libération de nos collègues”, rassure le directeur du protocole, du plaidoyer et de la communication de l’INSO.

Anthony Neal rappelle enfin qu'il faut distinguer la collecte d'informations à des fins humanitaires, de l'espionnage. Une confusion, dit-il, dangereuse non seulement pour l'INSO, mais aussi pour toute la communauté humanitaire.