Beni et Butembo paralysées par un mouvement de protestation | Afrique | DW | 15.04.2021
  1. Inhalt
  2. Navigation
  3. Weitere Inhalte
  4. Metanavigation
  5. Suche
  6. Choose from 30 Languages
Publicité

Afrique

Beni et Butembo paralysées par un mouvement de protestation

Le mouvement de protestation dure depuis des jours à Beni avec pour objectif, le départ de la mission onusienne en RDC, la Monusco, accusée de ne pas protéger les populations.

Dans le Nord-Kivu, des membres du groupe armé d'origine ougandaise Forces démocratiques alliées (ADF) sont accusés d'avoir tué plus 1.840 civils depuis avril 2017, d'après les experts du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST). Image/Archives.

Dans le Nord-Kivu, des membres du groupe armé d'origine ougandaise Forces démocratiques alliées (ADF) sont accusés d'avoir tué plus 1.840 civils depuis avril 2017, d'après les experts du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST).

Cela fait sept jours (depuis vendredi 9 avril) que la société civile de Beni, dans l’est de la RDC, a appelé les commerçants à fermer leurs boutiques pour protester contre les violences commises par les groupes armés contre les civils.

Le mouvement de protestation qui prend la forme de journées ville morte serait suivi à 90%, se réjouit Clovis Mutshuva, du mouvement citoyen Lutte pour le changement, section de Beni.

Celui-ci dresse le bilan des dix jours de blocage tout en annonçant la poursuite du mouvement jusqu'à l'obtention du départ de la Monusco.

"La Monusco est inactive, elle est inefficace ici dans la région de Beni, elle doit partir. Nous continuons avec nos actions mais jusque-là nous devons déplorer encore la mort de quatre personnes, une dizaine de blessés et l'interpellation de plus de trois cents personnes. La lutte continuera jusqu'à ce que nous obtenions le départ de cette force militaire qui ne nous aide en rien et qui est complice de ce qui se passe ici dans la région de Beni", a déclaré Clovis Mutshuva. 

Mot d’ordre respecté

Depuis vendredi dernier, toutes les activités sont paralysées dans les villes de Beni et Butembo, ainsi que dans les territoires de Beni et Lubero dans la partie nord de la province du Nord-Kivu. 

Un manifestant a tué par balle lors d'une marche contre l'inaction de l'ONU face aux massacres début avril à Butembo. Image/Archives.

Un manifestant a tué par balle lors d'une marche contre l'inaction de l'ONU face aux massacres début avril à Butembo. Image/Archives.

Cette situation est un souci pour les supermarchés et magasins d’alimentations qui ont subi des pertes de produits périssables comme le poisson, la viande ou les légumes. 

Des commerçants rencontrés devant leurs boutiques fermées affirment qu’ils veulent poursuivre la mobilisation mais ils ne cachent pas non plus les difficultés que représentent une aussi longue fermeture.

"Ces manifestations ont impacté négativement tous les secteurs, le commerce et la vie sociale. On mange difficilement", s’est plaint l’un des détenteurs de boutique.

"Jusque-là, il n’y a pas eu de boutiques pillées. Nos portes demeurent fermées, nous avons décidé de nous tenir debout sur la route en observant la situation. Si Dieu décide de nous laisser mourir, nous n'avons pas le choix mais nous allons endurer cette situation", a déploré une autre commerçante.

Le gouverneur demande la suspension du mouvement

Durant cette période, les écoles vont rester fermées ainsi que tous les commerces, à l’exception des pharmacies, en dépit de l'appel du gouverneur du Nord-Kivu, Nzanzu Kasivita, qui a réclamé la suspension de ce mouvement sur toute l'étendue de la province. 

Écouter l'audio 02:09

"Nos portes demeurent fermées, nous avons décidé de nous tenir debout" (Commerçant, Beni)

"Nous sommes disposés à tout le mal qui peut nous arriver. Nos cœurs sont brisés et cette colère peut nous amener à manger un serpent cru."

Bon nombre d'habitants de la région de Beni, notamment les rescapés des massacres attribués aux rebelles ougandais ADF, réclament eux aussi le retrait de la Monusco, mais aussi de l'armée Congolaise ou de la police.

"Tout ce que nous savons c'est que l'ennemi prend les uniformes de la Monusco, des FARDC, ou de la police. Alors moi je suggère que la Monusco, les FARDC et la police s’en aillent et on verra ensuite quel uniforme va porter l'ennemi", a suggéré une dame qui a souhaité garder l'anonymat.

Le mouvement qui devait normalement prendre fin ce mercredi a été prolongé et devrait durer jusqu'à dix-huit jours, selon le communiqué du collectif des groupes de pression dans la région de Beni et Butembo.