Alpha Condé propose une réforme de la Constitution | Afrique | DW | 20.12.2019
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Afrique

Alpha Condé propose une réforme de la Constitution

Le président guinéen a annoncé qu’il allait présenter une réforme de la Constitution qui pourrait lui permettre de briguer deux mandats supplémentaires. L'opposition dénonce un "coup d'Etat constitutionnel".

Écouter l'audio 02:11

"Nous restons mobilisés contre la nouvelle Constitution" - Lansana Kouyaté

Longtemps tenu au secret au palais Sékhoutoureya, le projet de nouvelle Constitution, très attendu, a enfin été dévoilé jeudi (19.12) en Guinée. Dans cette réforme, les articles les plus controversés concernent l’âge du candidat à l’élection présidentielle. Il n'y a désormais plus d'âge limite pour se présenter. Alpha Condé, âgé de 81 ans, pourrait ainsi se représenter s'il le souhaite.

Le mandat présidentiel passe également de cinq à six ans, renouvelable une seule fois. Si la nouvelle Constitution est adoptée, Alpha Condé pourrait donc, s’il se représente et est élu, rester encore douze ans à la tête du pays.

Cette disposition de la nouvelle Constitution, dans son article 40, est pourtant à l'origine des manifestations, violemment réprimées, organisées par le Front national de défense de la Constitution. Pour Maïmouna Bah, présidente des femmes du principal parti d'opposition et membre du Front, le président Condé veut mourrir au pouvoir : 

"J'ai lu le projet de Constitution qu'il propose et je ne vois aucune différence avec la Constitution qu'il veut changer. Cela revient tout simplement à dire qu'il veut s'octroyer un troisième mandat. Il y a beaucoup de gens qui pensaient qu'on allait trop vite en besogne, mais là il nous a donné raison. Je crois qu'il a franchi la ligne rouge et je vous dis que ça ne marchera pas."

"Stratégie suicidaire"

Pour l'heure le président Condé avance sur deux fronts. D'une part, la Céni organise des élections législatives prévues en février 2020 qui pourraient se tenir sans la participation des partis de l'opposition qui rejettent le fichier électoral. D'autre part, l’adoption par référendum d’une nouvelle loi fondamentale devrait permettre au président guinéen de rester au pouvoir.

Une stratégie jugée suicidaire par l'opposant et ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté : "Il a fait de la prolongation de son mandat une obsession, quitte à mettre la Guinée à feu et à sang. C'est dommage, on ne change pas une Constitution à la tête du client. Il a prêté serment deux fois sur cette Constitution en 2010 et 2015 en jurant d'appliquer son contenu."

Alpha Condé avait par ailleurs été soupçonné, en avril, d'avoir orchestré  la destitution du président de la Cour constitutionnelle, opposé à toute révision de la loi fondamentale. Enfin, la nouvelle Constitution crée de nouvelles institutions qui pourraient permettre au président guinéen de récompenser ses alliés politiques, tout en alourdissant le déficit budgétaire de l’Etat.

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