Alpha Condé a-t-il trahi les démocrates africains ? | Afrique | DW | 16.10.2019
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Afrique

Alpha Condé a-t-il trahi les démocrates africains ?

Alpha Condé, dont le deuxième mandat s'achève en octobre 2020, a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats en Afrique - deux maximum en Guinée. Début septembre, il a chargé son Premier ministre de conduire des consultations sur une possible révision de la Constitution, qui ont été boycottées par les principaux partis d'opposition. Le pays est sous tension.

Écouter l'audio 02:07

Alpha Condé est l’opposant historique aux différents pouvoirs qui se sont succédé en Guinée depuis l’indépendance en 1958. L’opposant à Sékou Touré, à Lansana Conté et à Moussa Dadis Camara. 

Il a connu l’exil et la prison dans son combat pour une Guinée libre et démocratique. En 2010, quand Alpha Condé accède au pouvoir, les Guinéens espèrent qu'il sera l'homme du renouveau. 

Aujourd’hui, avec  le débat  en cours, l’opposant historique devenu président, trahit les idéaux pour lesquels il s'est battu. C’est du moins ce qu’affirme Boubacar Sanso Barry, éditorialiste au Djély.com : "C’est certainement une trahison. On s’attendait à ce que lui qui a connu les affres de la dictature, qui les a subis, ne le fasse pas.  Il est arrivé au pouvoir relativement âgé et Il a dû composer avec le système qu’il a trouvé en place et ce système a fait de lui quelqu’un d’autre."

Alpha Condé comme d'autres présidents

Mathias Hounkpe est politologue et administrateur du programme de gouvernance politique à l’Open society initiative for west Africa (OSIWA). Pour lui, Alpha Condé est en train de détruire l’estime que de nombreux Africains avaient encore pour lui : "Alpha Condé fait partie pour nous de ceux qui ont combattu pendant des décennies pour la démocratie et les droits de l’homme dans nos pays. Et cela nous fait mal de voir que par son silence, il contribue à jeter une sorte d’opprobre sur cet héritage qu’on voudrait bien garder de lui."

Pour Gilles Yabi, analyste politique et président du groupe de réflexion WATHI, Alpha Condé prouve qu’il n’est pas différent de la plupart de ses homologues en Afrique :  "Ce ne serait pas la première fois qu’on aurait  sur le continent une personnalité qui aurait pris des engagements sur la démocratie et les droits de l’homme et qui à l’exercice du pouvoir, aura montré  des variations par rapport à ces principes. A l’exercice du pouvoir, on a vu un Alpha Condé avec un mode de gestion assez autoritaire et des pratiques politiques qu’on a connues auparavant et qu’il dénonçait."

Le président guinéen pourrait s’exprimer dans les jours qui viennent en réponse aux manifestations qui secouent le pays et ont fait au moins six morts.