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Vu d'Allemagne

"Les esprits de 1939"

A la Une : la décision de l'Allemagne de livrer des armes aux combattants kurdes en Irak et un discours tenu par le président Joachim Gauck, pour marquer le 75ème anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale.

Aux côtés de son homologue Bronislav Komorovski (à d.), le président allemand Joachim Gauck (à g.), a parlé d'un nouveau conflit armé aux confins de l'Europe, en Ukraine, estimant que la Russie a de facto mis fin à son partenariat avec l'Europe

Aux côtés de son homologue Bronislav Komorovski (à d.), le président allemand Joachim Gauck (à g.), a parlé d'"un nouveau conflit armé aux confins de l'Europe", en Ukraine, estimant que la Russie a "de facto mis fin à son partenariat" avec l'Europe

"Les esprits de 1939", titre la Frankfurter Allgemeine Zeitung pour parler des inquiétudes qui transparaissaient dans le discours de Joachim Gauck à Westerplatte, près de Gdansk, à l'endroit précis où avait commencé l'agression nazie contre la Pologne, il y a 75 ans. Le chef de l'Etat a fait comprendre que l'Allemagne partageait les craintes de la Pologne concernant les agissements de Vladimir Poutine en Ukraine. En tant qu'Allemand, note le quotidien, Joachim Gauck est bien placé pour savoir que concéder des territoires à un agresseur ne fait bien souvent qu'accroître son appétit : l'armée d'Adolph Hitler ne s'était pas arrêtée à Westerplatte, loin de là.

C'est justement sur cet aspect que revient la Süddeutsche Zeitung, beaucoup plus critique que la FAZ vis-à-vis du discours du président Gauck. Il est évidemment important, écrit le journal de Munich, de rappeler les crimes commis par les nazis en Pologne. Aucun doute là-dessus. Mais il aurait été encore mieux de rappeler que la Pologne a en réalité consitué un tremplin pour l'invasion ultérieure de la Russie par les nazis. La guerre pour la conquête de l'"espace vital" dont rêvait Adolf Hitler a tout de même fait 30 millions de victimes parmi les Soviétiques, rappelle le journal. Joachim Gauck n'a pas dit un seul mot là dessus, pas plus que sur le traumatisme qu'a laissé le conflit en Russie. Il appartient pourtant au président allemand de réconcilier et non de diviser.

Gregor Gysi, chef du groupe parlementaire d’extrême gauche, fait partie de ceux qui étaient pour les livraisons d'armes, au grand dam de son parti Die Linke

Gregor Gysi, chef du groupe parlementaire d’extrême gauche, fait partie de ceux qui étaient pour les livraisons d'armes, au grand dam de son parti Die Linke

die tageszeitung revient, elle, sur les nouvelles orientations de la politique étrangère allemande. Dernière illustration en date : la livraison d'armes dans le nord de l'Irak, validée lundi par les députés. Pour le journal, il ne s'agit pas encore d'envoyer coûte que coûte des soldats allemands à l'étranger. Le désastre afghan est encore trop présent. Mais Angela Merkel et son gouvernement veulent clairement introduire davantage de flexibilité dans la politique de défense.

Die Welt, enfin, estime que vu la situation actuelle au Moyen-Orient, les discours pacifistes ne servent pas à grand chose en ce moment. Avec les armes qu'ils vont recevoir, les Kurdes arriveront peut-être au moins à protéger leur territoire dans le nord de l'Irak. Par ailleurs, il ne s'agit pas d'une aide désintéressée : la chancelière allemande a rappelé que l'Etat islamique menaçait également directement la sécurité de l'Allemagne. Au final, c'est peut-être cette dernière qui a davantage besoin des Kurdes que l'inverse, conclut le quotidien.

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