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International

Ce que critiquent les anti-G20

De la gauche autonome aux écologistes en passant par les altermondialistes, la protestation contre le G20 a de multiples visages. Petit tour d'horizon.

Le G20 s'ouvre donc le 7 juillet pour deux jours à Hambourg. Plusieurs rencontres bilatérales sont prévues en amont, comme celle, jeudi soir, entre Angela Merkel et le président turc Recep Tayyip Erdogan. Le ministre de la Coopération allemande, Gerd Müller, s'est entretenu de son côté avec Alpha Condé, président en exercice de l'Union africaine. L'Allemagne a promis un milliard d'euros supplémentaire pour les Etats africains prêts à engager des réformes dès l'année prochaine.

Mais en face des réunions officielles, il y a aussi un contre-sommet. Et les rues de Hambourg risquent d'être pleines de monde, ce week-end. Plusieurs dizaines de groupes ont déjà appelé à manifester contre les politiques mises en œuvre par le club des 20 pays les plus riches de la planète.

Hamburg - G20-Performance 1000 Gestalten (DW/A. Drechsel)

La contestation prend des formes diverses, comme dans cette performance artistique "1000 figures"

"Solidarité sans frontières"

170 organisations vont se rassembler samedi matin avec un seul mot d'ordre : "Non au G20, solidarité sans frontières". Un mouvement qui se définit lui-même comme destiné à "rejeter ce monde froid et cruel du capitalisme mondial".

Il y a aussi des ONG internationales qui rejoignent la "vague de protestation" anti-G20, comme Greenpeace ou Oxfam pour n'en citer que deux. Tout cela culmine en ce moment même dans un sommet alternatif de "solidarité internationale" à l'appel de 77 ONG.

Douze panels de discussions, avec des militants, des politiciens et des chercheurs proposent de débattre des voies pour dépasser "la pauvreté, l'exploitation, l'oppression et la destruction de la nature".


Pour une meilleure répartition des richesses

Parmi les points les plus critiqués, il y a la politique européenne de fermeture des frontières aux réfugiés, un choix que les altermondialistes et militants de gauche qualifient de « raciste et sans cœur ». Les manifestants appellent le G20 à combattre plutôt les causes des migrations irrégulières comme le changement climatique ou les inégalités sociales. Steve Price Thomas est directeur des campagnes d'Oxfam:


"Nous vivons dans un monde où les inégalités sont hors de tout contrôle. Il y a huit hommes qui, dans le monde, détiennent autant de richesses que 3,6 milliards de personnes. Le G20 se réunit à Hambourg et il est important d'agir pour réduire les inégalités et lutter contre la pauvreté. Il faut que ce soit la priorité numéro 1 sur leur agenda."

Côté allemand, les partis d'opposition Linkspartei (extrême gauche) et les Verts (les écologistes), le parti communiste DKP et l'Internationale socialiste vont défiler dans les rues, mais aussi les grandes centrales syndicales que sont Verdi et IG Metall,et d'autres organisations de gauche. Dans la bonne humeur, la plupart du temps.

Ici une interview DW de la militante indienne Dr. Vandana Shiva. Cette écrivain, militante écologiste et féministe indienne est présente au contre-sommet:



Un rapport de forces asymétrique

Un autre groupe, plus radical, appelle à manifester samedi après-midi. C'est "Welcome to hell", "bienvenue en enfer". 

Conduit par les ligues antifascistes, ce mouvement appelle "à la résistance contre les anciennes et les nouvelles formes de pouvoir du capitalisme". A noter l'humour de leur mot d'ordre parodique : "Yes, we camp !".

Depuis la fin juin, les militants se heurtent aux forces de l'ordre qui ont tenté d'évacuer leur campement. Ce qui a fait éclater un débat en Allemagne sur le droit de rassemblement, garanti par la constitution. Et sur la violence. Les autorités reprochent aux manifestants de la gauche autonome leur agressivité. Les militants, comme Emily Laquer sur la chaîne allemande ZDF, estiment que la vraie violence, c'est celle exercée par la police et par les Etats.

"La violence, c'est Trump qui détient l'arme nucléaire. La violence, c'est Erdogan avec sa guerre contre les Kurdes et sa répression massive de toute opposition. On me pose toujours cette question de la violence, mais qui l'a déclenchée ? Le rapport de forces est asymétrique. Les gens hurlent quand on brûle une poubelle. Mais qui s'indigne des milliers de morts en Méditerranée ou des expulsions vers l'Afghanistan ?"

Suite aux heurts de ces derniers jours et aux divers rassemblements et manifestations prévus, la ville de Hambourg est sous haute surveillance policière. Depuis jeudi, 111 policiers auraient été blessées, selon les forces de l'ordre qui ont dispersé un cortège au canon à eau et aux gaz lacrymogène. Les manifestants ont répliqué en lançant de la peinture noire sur les policiers. Au total, les anti-G20 attendent près de 100.000 manifestants dans les jours à venir.

La police a déjà procédé à plusieurs arrestations. 20 000 agents ont été déployés dans la ville par crainte de débordements et d'attentats.

 

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