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International

Bachar al-Assad ne renonce pas au pouvoir

Le président syrien Bachar al-Assad a prononcé à Damas sa première allocution depuis sept mois. Pas question de se retirer du pouvoir. Il a proposé un "plan politique" qui ne prévoit aucune négociation avec l'opposition.

Le président syrien Bachar al-Assad s'exprime devant un parterre de partisans à Damas

Le président syrien Bachar al-Assad s'exprime devant un parterre de partisans à Damas

Bachar al-Assad s'exprime à la télévision syrienne

Bachar al-Assad s'exprime à la télévision syrienne

Un conflit qui n'en finit pas, on en est déjà au 21ème mois de guerre civile. Un chef d'État en plein déni de réalité et les morts qui s'accumulent : 78 victimes ont été dénombrées rien que pour ce week-end. La Syrie démarre la nouvelle année en plein cauchemar.

On aurait pu espérer que Bachar al-Assad fasse un geste d'apaisement dans son discours de nouvelle année. Il n'en a rien été. Devant un auditoire de partisans enthousiastes, à la Maison de la Culture de Damas, le chef de l'État, droit dans ses bottes a répété que le conflit n'opposait pas le pouvoir et l'opposition mais "la patrie et ses ennemis". Des ennemis qui sont, pour Bachar al-Assad, des "terroristes" armés et financés par l'étranger. Et qu'il faut donc combattre, comme il l'a réaffirmé :

« Nous devons renforcer la Syrie, économiquement, socialement mais aussi moralement. Chaque citoyen est responsable. Nous devons défendre notre pays ensemble. »

Les combats ont fait des victimes près de Damas

Les combats ont fait des victimes près de Damas

Bachar al-Assad s'accroche au pouvoir

Alors que les rebelles contrôlent désormais une large partie du pays, dont certains quartiers de la capitale Damas, Bachar al-Assad refuse toujours de négocier avec l'opposition, qu'il qualifie de "gangs qui prennent leurs ordres de l'étranger." Il a appelé au dialogue, mais affirme qu'il n'a jusqu'à présent pas trouvé de partenaire.

Le plan de paix assez détaillé qu'il a présenté n'évoque pas du tout son départ du pouvoir. Au contraire, le quotidien libanais pro-syrien Al Akhbar affirme que Bachar al-Assad pose comme condition sine qua non à de nouvelles élections, la possibilité pour lui d'être candidat à sa propre succession en 2014.

Réactions négatives

Les réactions à ce plan ne se sont pas fait attendre. L'opposition l'a immédiatement rejeté. Elle souhaite bien sur une "solution politique" comme l'a affirmé son porte-parole Walid al-Bounni, mais pas le maintien de ce régime qui a causé quelques 60.000 morts selon l'ONU.

Les Frères musulmans syriens ont rétorqué par un communiqué qualifiant Bachar al-Assad de "criminel de guerre devant être jugé". C'est aussi la position du président égyptien Mohamed Morsi qui a déclaré à la chaîne de télevision CNN que le régime au pouvoir à Damas allait tomber.

Berlin a regretté qu'il n'exprime "aucune prise de conscience". Washington estime que ce discours est "déconnecté de la réalité". Seul l'Iran chiite, principal allié de Damas, lui apporte son soutien et a salué ses propositions. Cela risque de ne pas suffire.

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