Zéro clémence pour les ″blasphémateurs″ | Afrique | DW | 22.11.2017
  1. Inhalt
  2. Navigation
  3. Weitere Inhalte
  4. Metanavigation
  5. Suche
  6. Choose from 30 Languages
Publicité

Afrique

Zéro clémence pour les "blasphémateurs"

En Mauritanie, Cheikh Ould Mkhaïtir qui encourait la peine de mort pour blasphème a été condamné a deux ans de prison par la cour d’appel de Nouadhibou le 9 novembre.

Les avocats de Cheilh Ould Mkhaïtir, Mohamed Ould Moine et Fatimata Mbaye, ont plaidé le repentir pour sauver la tête de leur client qui  avait été arrêté après la publication d’un article jugé insultant a l’encontre du prophète Mohamed.

Le code pénal mauritanien permet en effet à la personne coupable de blasphème d’échapper à la peine capitale en cas de repentir. Les avocats du jeune blogueur ont donc été entendus par la cour d’appel de Nouadhibou.

Mais une partie de la rue mauritanienne a une autre lecture de la loi. Depuis l’annonce du verdict, chaque vendredi, après la grande prière, des manifestants demandent l’exécution de Ould Mkhaïtir.

Pendant ces manifestations,  le ton est macabre. Les banderoles aussi. On peut y lire : "la tête de Mkhaïtir d’abord…le repentir des blasphémateurs est irrecevable".

Die Band Wlad Leblad (DW/J.M.Oumar)

Des jeunes rappeurs engagés du groupe Wlad Leblad

Le gouvernement semble aller dans le sens des manifestants  

Les membres du gouvernements  ont adopté en conseil des ministres, un projet de loi durcissant les peines. Selon cette nouvelle loi qui passera au vote a l’assemblée nationale, les auteurs de propos blasphématoires ne seront pas appelés a se repentir. Ils seront systématiquement exécutés.

Le parquet a introduit un pourvoi en cassation contre la décision de la cour de Nouadhibou. Le ministre de la justice, Brahim Ould Daddah a affirmé que le jeune blogueur est toujours en prison. 

Mohamed Ould Moine, un de ses deux avocats, pense qu’il est plutôt séquestré. "Juridiquement il est libre, mais en réalité, il est séquestré par les autorités de Nouakchott pour, je ne sais, quelle raison d’Etat" a dit Maitre Ould Moine.

Pour l’avocat, "le pouvoir a cédé à la pression de la rue. Car le pourvoi en cassation et les projet de loi durcissant les peines ne sont que des prétextes du gouvernement mauritanien pour  avoir les faveurs de certains milieux obscurantistes".

Les dernières exécutions capitales remontent à 1987. Depuis, la peine capitale est parfois requise par les tribunaux, mais elle n’est plus appliquée.