Vivre des ordures au Brésil | Coupe du monde de football 2018 | DW | 14.11.2011
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Mondial 2018

Vivre des ordures au Brésil

A Gramacho, la plus grande décharge à ciel ouvert d’Amérique latine, 1200 recycleurs travaillent et vivent à partir des ordures. Mais à leur grand désespoir, cet "eldorado" doit fermer l’année prochaine.

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La décharge de Gramacho à quelques kilomètres de Rio de Janeiro

L'an dernier, le Brésil a voté une loi selon laquelle l'Etat de Rio de Janeiro doit fermer 49 décharges à ciel ouvert et près de 200 dépôts clandestins d'ordures. L'objectif est de passer au recyclage pour réduire la pollution des sols. Mais au Brésil, ces décharges font également vivre entre 300 000 et un million de recycleurs, dont l'activité n'est pas réglementée.

Exemple à Gramacho, au bord de la Baie de Guanabara, à quelques kilométres de Rio de Janeiro. 8 000 tonnes d'ordures sont acheminées quotidiennement. Chaque jour, ils sont une trentaine de ramasseurs à s'être regroupés à Gramacho. Objectif, parler de leur avenir. La fermeture de la décharge signifie pour eux l'extinction de leur source de revenus.

Brasilien Müll

Cet homme vit grâce aux ordures de Gramacho

Pour Tião, le président de l'association des recycleurs, les défis aujourd'hui sont multiples : "On a des problèmes liés à l'éducation, au logement, alors c'est pas facile. On doit d'abord trouver un moyen de rémunérer ces personnes. Que ce soit au travers d'indemnisations, d'un plan de retraite pour ceux qui ne peuvent plus travailler, d'un plan de requalification pour retrouver du travail. Pendant 30 ans, qui a gagné de l'argent avec la décharge de Gramacho ? C'est la préfecture de Rio ! Aujourd'hui, c'est de la répression pure : fermer Gramacho, interdire l'activité des recycleurs. En revanche, jusqu'à présent, le gouvernement n'a fait aucune action de développement."


Recycleur ? Un métier !

Ici, les recycleurs ont chacun leur spécialité. Certains recherchent le fer, d'autres le papier, les bouteilles en plastiques. Des matières premières qu'ils revendent à des intermédiaires à des prix très bas, et qui leur permettent de gagner leur vie. Roberta a 35 ans, trois enfants, elle travaile ici depuis 15 ans. En revendant du papier, elle gagnait jusqu'à 140 euros. Une époque révolue, dit-elle : "Aujourd'hui, c'est la mode du recyclage! Dans vos pays vous jetez tout à la poubelle ? Non, vous recyclez ! Parce que les ordures, ca vaut de l'or ! Enfin, aujourd'hui non. Aujourd'hui, je monte à la décharge à 13heures, et je travaille jusqu'au lendemain pour gagner 40 euros à peine."

Brasilien Müll

8000 tonnes d'ordures arrivent quotidiennement à Gramacho

Sur les 1200 recycleurs de Gramacho, certains ont déjà trouvé un autre emploi. Dans une petite usine proche de l'entrée de la décharge, une ONG appelée "idée cyclique" fabrique des balais à partir de bouteilles en plastiques…qui seront plus tard revendus aux balayeurs de rue. João Ricardo est à l'origine de cette initiative: "Avec 5 personnes, on peut produire 150 balais par jour. Ce balai recyclé peut se vendre 6 euros sur le marché. Et c'est un balai plus résistant que ceux qui existent déjà."

Une petite usine qui permet déjà de former une dizaine de recycleurs. Mais les débats continuent au sein de la communauté pour administrer les aides prévues par le gouvernement et ajuster les initiatives des entreprises privées.

Le plus Web : écoutez ci-dessous le reportage de Marie Naudascher à Rio de Janeiro.

Auteur : Marie Naudascher
Edition: Marie-Ange Pioerron, Cécile Leclerc

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