Une affaire Skripal façon allemande | International | DW | 05.12.2019
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International

Une affaire Skripal façon allemande

Deux employés de l'ambassade russe à Berlin déclarées personae non grata pour ne pas assez coopérer dans une enquête sur un meurtre commis en Allemagne, qui pourrait avoir été commandité en haut lieu.

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Tornike K., ressortissant Géorgien membre de la minorité tchétchène du pays, a été tué de trois balles dans la  tête. Cela s'est passé le 23 août dernier, en plein jour, dans le parc du Tiergarten, dans le centre de Berlin.

Depuis, l'auteur présumé du crime a été arrêté, et deux employés de l'ambassade russe en Allemagne ont été priés de quitter le territoire allemand "avec effet immédiat". Argument avancé par le parquet fédéral : leur manque de coopération dans le cadre de l'enquête. Retour sur une crise diplomatique entre l'Allemagne et la Russie, et la découverte d'un nid d'espions russes en Europe.

(picture-alliance/dpa/C. Soeder)

Sur la scène du crime, à Berlin, en août 2019

Une histoire digne d'un roman

L'histoire fait penser aux romans d'espionnage. Le suspect russe arrêté suite au meurtre de Tornike K. avait un équipement laissant penser qu'il s'agit d'un professionnel.

L'hebdomadaire Der Spiegel a également relevé des irrégularités avec ses papiers qui pourraient indiquer qu'il serait un agent du GRU, les services de renseignement russes.

Le parquet fédéral allemand, chargé des affaires d'espionnage, a donc ouvert une enquête, et c'est parce qu'il estime que deux employés de l'ambassade de Russie n'ont pas suffisamment répondu à ses sollicitations que Berlin a décidé de les déclarer personae non grata.

Angela Merkel a expliqué que l'Allemagne avait pris cette mesure après avoir "établi que la Russie ne [...] soutenait pas  [la justice allemande] dans la résolution de cette affaire de meurtre". Et la chancelière d'ajouter en avoire "parlé aussi [à ses] alliés dans le cadre de discussions bilatérales."

 (picture-alliance/dpa/B. von Jutrczenka)

L'ambassade russe à Berlin

Réactions russes

Dans un communiqué, l'ambassadeur de Russie en Allemagne, Sergueï Nechaev, affirme que cette décision "déçoit [les autorités russes] au plus haut point" et qu'elle est "inamicale et absolument injustifiée".

Même son de cloche de la part de Léonide Sloutsky. Le président de la commission des affaires étrangères à la Douma, le Parlement russe, qualifie l'expulsion des diplomates de "logique complètement tordue qui n'a rien de commun avec le bon sens. De nombreux hommes politiques et experts, y compris allemands, partagent cette opinion. Nous sommes en contact avec des collègues du Bundestag."

En l'occurrence, le média pro-russe Sputnik publie l'avis d'un député de l'AfD qui qualifie l'expulsion des diplomates de "farce".

Les autorités russes rappellent par ailleurs qu'elles pourraient bien rendre la pareille aux diplomates allemands en poste en Russie.

GRU (picture-alliance/dpa/D. Astakhov)

Vladimir Poutine et son ministre de la Défense au siège du GRU

Nid d'espions russes

Mais la Russie a beau nier toute implication dans l'affaire Tornike K., cette histoire ressemble effectivement à l'affaire Skripal, du nom de cet espion russe qui a survécu par miracle à une tentative d'assassinat en Grande-Bretagne, en 2018.

Le rapprochement avec l'affaire Skripal se voit corroboré par l'annonce, dans le quotidien Le Monde, de la découverte, dans le département français de Haute-Savoie, d'une "base arrière" d'une quinzaine d'espions russes (membres de l'unité 29155 du 161e centre de formation spéciale du GRU) "pour des opérations dans toute l'Europe".

L'un de ces agents identifiés serait justement l'un des trois auteurs de la tentative d'empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille.

Ils vont se revoir en Normandie

Dmitri Trenine, le directeur du Centre Carnegie à Moscou veut croire que les conséquences politiques de l'affaire Tornike K. ne seront pas si dévastatrices sur les relations germano-russes que le cas Skripal sur les contacts entre Russie et Royaume Uni.

Mais pour l'heure, Moscou dénonce "une provocation" à quelques jours du sommet sur l'Ukraine, en Normandie.

Un sommet auquel les chefs d'Etat de la France, de la Russie, de l'Ukraine prendront part avec la chancelière allemande, Angela Merkel.

 

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