Un journal pour universitaires en fuite / L′histoire rocambolesque des villes fantômes en Inde | Médiathèque | DW | 01.08.2018
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Médiathèque

Un journal pour universitaires en fuite / L'histoire rocambolesque des villes fantômes en Inde

Vu d'Allemagne reçoit cette semaine le rédacteur en chef, allemand, du Journal of Interrupted Studies. Lancé il y a trois ans, il présente des travaux d'universitaires réfugiés. À découvrir aussi : notre reportage à Lavassa en Inde. La ville dont la construction a débuté dans les années 2000 est à l'abandon et les habitants encore sur place vivent dans des conditions surréalistes.

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"Journal of Interrupted Studies", "le journal des études interrompues" en français. Un journal pour des professeurs, des chercheurs, ou des étudiants en fuite. L'idée est née il y a trois ans dans la tête de Paul Ostwald, étudiant allemand, aujourd'hui en master (bac+5) de relations internationales à Oxford, en Angleterre. On est alors en 2015, période d'arrivée massive des réfugiés en Allemagne. "Beaucoup était écrit sur les réfugiés, avec parfois beaucoup de compassion", raconte Paul Ostwald aujourd'hui. 

Paul Ostwald, Student aus Deutschland und Chefredkateur von der Zeitung Journal of Interrupted Studies (DW/H.Flotat-Talon )

Paul Ostwald, étudiant allemand et rédacteur en chef du "Journal of Interrupted Studies".

Mais le jeune homme a le sentiment de voir souvent les mêmes images. "On avait l'impression que c'était juste des pauvres gens avec un paquet plein de vêtements sur le dos, qui venaient juste de sortir de l'eau. Et puis certains avaient peur, car ils disaient ne pas connaître ces personnes. Nous avons donc pensé : "on va vous montrer certaines de ces personnes, ce qu'elles peuvent apporter et on va leur permettre d'écrire ou de participer aussi sur le dialogue concernant les réfugiés."

Une expérience pendant la guerre en Syrie

D'autres étudiants s'engagent dans l'aventure, aidés d'universitaires ou encore de juristes. Trois ans plus tard, ce sont près de 50 articles qui ont été publiés, toujours en anglais. "On peut recevoir les manuscrits dans différentes langues, mais tout est traduit", explique Paul Ostwald. "Beaucoup parlent des raisons qui les ont forcées à quitter leur pays. Nous avons plusieurs auteurs turcs qui ont écrit sur le coup d'État et sur la façon dont il est arrivé et quelles en sont les causes historiques, par exemple".

Vom Krieg zerstörte Schulen in Syrien Hazema (Reuters/Z. Bensemra)

Une école de Hazema en Syrie, en août 2017.

Journal of Interrupted Studies publie aussi des articles sur la guerre en Syrie ou sur le pétrole dans la région. "Puis il y a aussi des dissertations sur les sciences neurolinguistiques telles que celles concernant l'apprentissage des langues. Nous avons eu une expérience d'un très jeune chercheur qui voulait savoir comment cela se passait pour les élèves pendant la guerre civile en Syrie. Quand il n'y a plus d'enseignants sur place et qu'on apprend avec des robots au lieu de réelles personnes. Il a mené une expérience scientifique sur place pendant la guerre civile, ce qui est bien sûr très rare et très osé", raconte le rédacteur en chef. 

Des contributeurs aux profils différents

Après trois ans de fonctionnement, l'équipe du journal, totalement bénévole, a reçu de très nombreuses propositions. "On pensait que la plupart des gens fuyaient la Syrie, l'Afghanistan ou l'Irak", raconte Paul Ostwald. "Nous avons ensuite reçu des propositions d'Afrique de l'Ouest, d'Afrique de l'Est, des États-Unis. Nous avons également eu des gens d'Europe centrale, des gens qui fuyaient l'Italie et différents pays. C'était aussi très surprenant qu'il y ait vraiment tellement d'endroits où les gens sont persécutés politiquement."

Pour s'assurer du sérieux des travaux publiés, les textes sont envoyés, anonymés, aux universitaires du domaine qui concerne le sujet. Ils sont relus et annotés avant d'être renvoyés au journal. "On sait ensuite rapidement si l'article à le potentiel d'être publié ou pas du tout", explique Paul Ostwlad. "Et il y a ensuite une seconde relecture. Il est ainsi relativement clair si l'article est scientifique ou s'il s'agit de propagande. Nous discutons ensuite avec des juristes qui nous soutiennent, pour voir si cela peut paraître." 

Trois ans après le lancement du journal, l'expérience a été profitable à certains contributeurs. "Certains ont utilisé cette publication pour postuler à des bourses en Allemagne ou dans des universités", raconte Paul Ostwald. "Pour d'autres nous avons moins de contacts. Mais quand nous pensons que nous pouvons vraiment aider dans le milieu universitaire, nous essayons vraiment de devenir actifs et d'aider les gens le mieux possible." 

 

Des villes allemandes prêtes à accueillir plus de réfugiés

Concernant les personnes réfugiées encore : les maires des villes de Bonn, la ville de la DW, Cologne et Düsseldorf viennent d'écrire à Angela Merkel. Ils se disent prêts à accueillir plus de réfugiés, notamment en cas d'urgence et de bateaux bloqués en Méditerranée comme ce fût le cas récemment. La ville de Bonnaccueille déjà près de 6000 personnes. 

De nouveaux centres, sept au total, dits "Ankerzentren" viennent également, le 1er août, d'ouvrir, en Bavière notamment. Ils pourront regrouper jusqu'à 1500 réfugiés et l'objectif affiché est d'accélerer les études des demandes d'asile. Mais le projet, en phase de test, est très critiqué. 

 

Les villes fantômes de l'Inde

Indien, Lavasa (pixabay)

La ville de Lavassa en Inde.

L'Inde est un pays en plein développement. Elle détient l'économie la plus dynamique du monde avec un taux de croissance de 7 % par an. Mais depuis deux ans le pays est aussi est en pleine crise financière. Le système bancaire croule sous 130 milliards d'euros de prêts pourris. En cause : des investissements privées hasardeux ces dernières années et un capitalisme dit de connivence qui fragilise les projets industriels.

Parmi les conséquences de cette crise : des villes fantômes, construites par des entreprises aujourd'hui au bord de la faillite. Dans la seconde partie de ce magazine, Emmanuel Derville nous emmène à Lavasa, dans le sud du pays. La ville devait être un havre de paix pour des retraités et des cadres qui fuient la surpopulation et la pollution des mégalopoles. Une ville aussi grande que Paris, dans les Ghâts occidentaux, une chaîne de montagnes classée par l'Unesco, qui devait ressembler à la cité italienne de Portofino.  

Vu d'Allemagne vous emmène à la rencontres des rares habitants encore sur place. À quatre heures de route de Bombay, ils témoignent au milieu des rues où les poubelles ne sont plus ramassées, où les constructions sont parfois abandonnées. 

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