Un député, une jeep ? Confusion en RDC sur un geste attribué à Félix Tshisekedi | Afrique | DW | 22.06.2021
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Afrique

Un député, une jeep ? Confusion en RDC sur un geste attribué à Félix Tshisekedi

500 jeeps seraient offertes aux députés pour plus de 41.000 dollars par véhicule. Dans ce pays où les besoins sociaux sont nombreux, l'affaire fait grand bruit.

L'Assemblée nationale congolaise réunie en séance plénière devant l'ancien président Joseph Kabila (Archives - Kinshasa, 15.12.2012)

L'Assemblée nationale a démenti qu'il s'agisse d'un don du président Tshisekedi

Une récompense ? Pour quelle raison ? Alors que l'annonce de la remise aux députés congolais, de véhicules supposés offerts par le président Félix Tshisekedi n'a pas fini de livrer tous ses secrets, l'opinion nationale s'interroge. 

500 véhicules Hyundai pour 500 députés à plus de 41.000 dollars américains la jeep. Soit un peu plus de 20 millions des dollars dans un pays où une grande partie de la population se plaint de ses conditions de vie, avec notamment des enseignants et fonctionnaires de l'Etat non payés, des infirmiers en grève ou des besoins alimentaires croissants. Cette information a poussé l'Assemblée nationale congolaise à faire des clarifications.

Des Congolais dans l'incompréhension

Certains Congolais rencontrés dans les rues de Kinshasa ont dénoncé la situation. Ils s'interrogent en fait sur la place du peuple dans tout cela.

"Si c'est un don, il pouvait faire ça aux enseignants qui lui ont appris à parler et à écrire. L'enseignant attend la fin du mois pour toucher 120.000 francs qui équivaut à 62 dollars. Le député touche bien au-delà. Et il lui donne encore 41.000 dollars ?", s'interroge un Congolais.

>>> Lire aussi : RDC : Le gouvernement Sama Lukonde présente son programme

"Distribuer des jeeps aux députés aussi longtemps que nous, le peuple congolais, nous souffrons, ce n'est pas bien", juge un autre citoyen.

"On ne peut pas donner des jeeps aussi longtemps qu'il y a certaines personnes qui manquent même de quoi manger, qui manquent de quoi vivre, qui ne savent même pas où dormir", se plaint aussi un autre habitant de Kinshasa.

La question est sur toutes les lèvres ces derniers temps et s'invite dans presque tous les débats.

Appel au calme après une "récompense"

Écouter l'audio 02:14

Valéry Madianga : "C'est une pratique honteuse pour nous"

Face au tollé, le député national Eliezer Thambwe tente de calmer la colère de ses compatriotes. "Les jeeps ne sont pas encore réceptionnées par les députés. Même alors, ça ne sera pas gratuit. Si c'est gratuit, si c'est le chef de l'Etat qui a décidé ça, alors il faut poser la question à celui qui a offert", tente-t-il de clarifier.

Pourtant, Christophe Mbosso, président de l'Assemblée nationale, qui a annoncé la bonne nouvelle aux députés de l'Union sacrée vendredi dernier (18.06.2021) a été clair en parlant de "récompense". 

L'Observatoire de la dépense publique (Odep) crie au scandale. "Vous avez des hôpitaux qui manquent de lits, vous avez des enseignants qui peinent à gagner 100 dollars par mois, vous avez des agents publics qui ne sont pas payés. C'est une pratique honteuse pour nous", dénonce Valéry Madianga, membre de l'Odep.

Pendant ce temps, des organisations de la société civile demandent que l'Inspection générale des finances (IGF) ouvre une enquête. Une de ces organisations est le Centre d'échanges pour les réformes juridiques et institutionnelles. Charles Mushizi, le directeur de cette organisation "en appelle justement à l'IGF pour faire le contrôle de cette acquisition et produire un rapport qui pourrait permettre à la justice de sévir contre les responsables impliqués dans ce détournement".

La République démocratique du Congo fait actuellement face à plusieurs urgences dont la réponse humanitaire aux sinistrés du volcan Nyiragongo.