Togo : l′opposition harcelée? | Arbre à palabre | DW | 04.12.2020
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Arbre à palabre

Togo : l'opposition harcelée?

La société civile et l'opposition togolaises réclament la libération de deux opposants mis aux arrêts et de tous les autres prisonniers politiques.

Écouter l'audio 45:09

Brigitte Adjamagbo-Johnson et Gérard Djossou, tous deux membres de la plateforme Dynamique Mgr. Kpodzro, ont été interpellés samedi 28.11 dans l’après-midi à Lomé pour "atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat", selon un communiqué du procureur de la République, Essolissam (ESSO LI SSAM) Poyodi.

L'interpellation de ces deux opposants a suscité une vague d'indignation au sein de l'opposition et de la société civile qui exigent lundi leur "libération immédiate".

Le procureur de la République accuse Brigitte Adjamagbo-Johnson et Gérard Djossou de préparer "un plan de déstabilisation des institutions de la République".  Dans un communiqué, le Front citoyen Togo debout (FCTD) - qui rassemble de nombreuses organisations de la société civile togolaise - "condamne l'instrumentalisation de la justice et demande la libération de ces deux responsables et des détenus politiques".

"L'instrumentalisation de la justice à des fins de règlement de compte politique constitue une entrave inacceptable à la vie démocratique", ont dénoncé de leur côté quatre partis d'opposition dans un communiqué conjoint.


Le président Faure Essozimna Gnassingbé a été réélu en février pour un mandat de quatre ans

Le président Faure Essozimna Gnassingbé a été réélu en février pour un mandat de quatre ans

"Le harcèlement permanent des acteurs politiques de l'opposition dans le cadre de leurs activités doit cesser sans délai", ajoutent-ils.

Amnesty international a également dénoncé mardi dernier la "répression croissante des voix dissidentes par les autorités togolaises", à la suite de l'arrestation la semaine dernière de deux représentants d'un important mouvement de l'opposition.

"L'arrestation des deux opposants semble être strictement liée à l'appel à manifestation et apparaît comme une nouvelle illustration des autorités de vouloir réduire au silence l'opposition et les voix dissidentes", a déclaré Marceau Sivieude, directeur adjoint d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale.

 Il a appelé les autorités à "libérer immédiatement et de façon inconditionnelle" les deux opposants et à "respecter la liberté d'expression et de manifestation pacifique de toutes les personnes, y compris les opposants politiques". 

La lutte contre le coronavirus "ne doit pas servir de prétexte pour justifier la pratique illégale de l'interdiction systématique des manifestations de l'opposition politique au Togo", a-t-il ajouté.

Une marche interdite

La Dynamique Mgr. Kpodzro avait appelé à une marche le 28 novembre à Lomé pour protester contre les résultats de l'élection présidentielle de février qui a reconduit le président Faure Gnassingbé à la présidence pour un quatrième mandat.

La manifestation a été interdite par le gouvernement, qui a invoqué la pandémie de coronavirus. Quatre représentants de ses organisateurs ont toutefois rencontré les ambassadeurs des Etats-Unis, de la France, de l'Allemagne, de l'Union Européenne et des Nations unies vendredi.

L'ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo vit en exil au Ghana

L'ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo vit en exil au Ghana

À  leur retour, Gérard Djossou, l'un des membres de la délégation, a été "molesté" et "enlevé", avant d'être placé en garde à vue, selon le mouvement, et Brigitte Adjamagbo-Johnson a été arrêtée le lendemain alors qu'elle souhaitait lui rendre visite.

L'ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo, chef de file de la Dynamique Mgr. Kpodzro, qui a obtenu 19,46% des suffrages lors de l'élection présidentielle, contre 70,78% pour Faure Gnassingbé, conteste toujours ces résultats et a été plusieurs convoqué par la justice et menacé de poursuites.

Ces accusations contre ces deux opposants sont-elles fondées ? Eric Topona en débat cette semaine avec ses invités dans le magazine sous l’Arbre à Palabre. Il s’agit de :

-Louis Magloire Keumayou, président du club de l'information africaine et co-auteur de l’ouvrage : Togo - Une démocratie en construction.

-Dimas Dzikodo , directeur de publication du quotidien togolais d’informations, Forum de la Semaine.

- Et Brigitte Ameganvi, coordinatrice Europe de #TogoDebout.

Cliquez sur la photo (ci-dessus) pour écouter l’intégralité du débat.