Tawargha, ville libyenne fantôme | Afrique | DW | 02.03.2012
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Afrique

Tawargha, ville libyenne fantôme

Ses habitants, de la tribu des Tawarghas, soutenaient l'ancien régime. A la chute de Kadhafi, ils ont été chassés par les rebelles et victimes d'exactions. Aujourd'hui, ils sont réfugiés dans des camps, sans sécurité.

Les voitures, sur la route au loin, ne s'arrêtent plus. Deux Tchadiens gardent des moutons, un groupe d'ouvriers égyptiens récupèrent des parpaings... La ville de Tawargha, à 30 km environ de Misrata, n'est plus que ruine. Le château d'eau, à terre, et les poteaux sans fils électriques sont la preuve que certains ne veulent pas voir revenir de si tôt ses 30 000 habitants.

Après la chute de Kadhafi, en 2011, la chasse est ouverte contre ses anciens fidèles

Après la chute de Kadhafi, en 2011, la chasse est ouverte contre ses anciens fidèles

Rida, 21 ans, est un ex-rebelle de Misrata. Il nous a accompagnés dans les rues vides de Tawargha l'ennemie. C'est de là qu'était pilonnée sa ville par les forces de Kadhafi : « Les Tawarghas sont reconnaissables à leur peau noire. Descendants d'esclaves. Aujourd'hui ils sont réfugiés dans plusieurs camps dans tout le pays. »

La fuite sous les tirs rebelles

A Janzour, près de Tripoli, un millier environ sont installés dans les bâtiments de l'académie militaire, protégés par des rebelles. Mais le 6 février dernier, plusieurs femmes et adolescents sont morts sous les balles sur la route de Tripoli. Hamal est alitée dans une pièce jonchée de matelas, elle a été blessée par les tirs. Son frère, lui, a été tué sous ses yeux. « Quand l'un d'eux m'a tiré dessus, raconte-t-elle, je suis tombée, et il m'a visée avec son fusil. Il m'a dit : esclave, chienne, vous, vous aimiez Mouammar ... mourrez comme Kadhafi est mort. Nous ne voulons plus de vous. Vous méritez ce qui vous arrive ».

Une femme de Tawargha blessée par balle à l'hôpital de Tripoli. Elle accuse des miliciens de Misrata d'avoir tiré sur elle et d'autres réfugiés dans leur camp de fortune près de la capitale.

Une femme de Tawargha blessée par balle à l'hôpital de Tripoli. Elle accuse des miliciens de Misrata d'avoir tiré sur elle et d'autres réfugiés dans leur camp de fortune près de la capitale.

Son père nous jure que parmi ses six fils aucun n'a combattu pour Kadhafi... Juste un soutien au début dans les manifestations organisées par le régime. « L'ancien régime s'est occupé des Tawarghas, Il nous a sédantarisés parce qu'avant nous étions des paysans sans terre, et tout le monde émigrait pour trouver du travail et de la nourriture. Avec ce programme, nous ne cherchions plus à partir. »

Vengeance organisée ou actes isolés ?

Au conseil militaire de Misrata, le second du chef nous assure que les meurtres de février n'ont rien à voir avec les rebelles de la ville. Les viols par des Misratis, en réponse à ceux commis par les Tawarghas pendant la guerre ? Les tortures ? Si tout cela devait être avéré, il y aura investigation assure, peu convaincant, Omar El Qaid. Quant à la destruction de tawargha après guerre ? «Je n'excuse pas les rebelles qui ont fait ça. Mais ils étaient en colère, certains ont perdu des membres de leurs famille, certains ont eu leurs soeurs violées, kidnappées. »

La semaine dernière, les chefs de tribus Tawargha ont présenté leurs excuses aux Misratis. Il faut maintenant qu'elles soient reçues et acceptées.

Reportage : Thibaut Cavaillès
Edition : Anne Le Touzé

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02:06 min

Les Tawarghas paient leur fidélité d'antan à Kadhafi

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