Sud-Soudan: libre, mais déchiré | Afro-presse (hebdomadaire) | DW | 08.07.2011
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Afro-presse (hebdomadaire)

Sud-Soudan: libre, mais déchiré

Cette semaine encore la naissance du Sud-Soudan retient en priorité l'attention des journaux. Les articles cités ci-dessous ont tous été publiés avant les cérémonies du 9 juillet.

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die Tageszeitung évoque le mélange de joie et d'inquiétude qui domine chez les Sud-Soudanais. Une joie qui s'est exprimée dans la fébrilité des préparatifs de la fête. A Juba les quelques rues asphaltées et même les nombreux chemins de sable ont été balayés tous les jours. Les bâtiments ont été repeints. Une énorme cargaison de drapeaux "made in China" est arrivée. En janvier dernier, note le journal, lorsque le Sud s'est prononcé par référendum pour l'indépendance, c'était l'euphorie. Six mois plus tard des nuages sombres se sont amoncelés dans le ciel. Et die tageszeitung d'énumérer les nombreux litiges non résolus entre le Nord et le Sud, comme le tracé de la frontière, le pétrole, l'enclave d'Abyei. Il évoque aussi la hausse vertigineuse des prix au Sud-Soudan. Au marché noir le litre d'essence et de diesel est allé jusqu'à coûter l'équivalent de dix euros. Entre temps de l'essence arrive de l'Ouganda et du Kenya, et les prix ont à nouveau baissé. Mais poursuit le journal, sept petites bananes par exemple coûtent six livres soudanaises, environ deux euros.

04.07.2011 DW-TV Journal TT Südsudan 2

La Berliner Zeitung est allée à Mundri, une ville de 33 000 habitants située à 200 km au nord-ouest de Juba. L'école primaire est installée à l'ombre d'un manguier. Les branches d'arbres qui servent de sièges sont l'unique mobilier à côté du tableau que le maitre a acheté au marché. Il n'y a pas de tables, les enfants n'ayant ni cahiers ni crayons, ils n'en ont pas besoin. Mais poursuit le journal, les enfants apprennent quand même quelque chose: la lecture, le calcul, l'anglais, les sciences naturelles. Cela ne va pas de soi dans une région qui a derrière elle plus de 20 années de guerre civile. A Mundri la vie reste dure pour les habitants. Mais tous, sans exception, sont reconnaissants de vivre en paix et n'ont pas oublié le cauchemar de la guerre.

Referendum Südsudan

Salva Kiir, le président du Sud-Soudan

Tout à construire

Deux hebdomadaires pointent les défis qui attendent le nouvel Etat.

Bienvenue à Juba, titre Der Spiegel, qui écrit qu'à la descente de l'avion le voyageur qui arrive dans la capitale du Sud-Soudan a d'abord l'impression d'avoir atterri sur un chantier. Maintenant, pour ce qui est de la conception de la démocratie dans le plus jeune Etat du monde, il semble que là aussi tout soit à construire. Des journalistes, souligne le journal, sont soupçonnés d'espionnage, la police fait régner l'arbitraire aux barrages routiers, la vie politique est entièrement dominée par le SPLM, le parti du président. Les problèmes profonds du pays ne sont pas réglés, ce sont la corruption galopante, le manque d'ardeur au travail. Avant qu'un ministre n'approuve la construction de dix kilomètres de route goudronnée, il attend au moins un nouveau 4x4. Les ministères sont dirigés en majorité par des hommes qui ont infiniment plus d'expérience dans le nettoyage de fusils que dans la direction d'une administration efficace.

Sudan Südsudan Unabhängigkeit Referendum Flagge Fahne

Répétition avant la fête

Un autre hebdomadaire, Die Zeit, évoque les conflits inter-communautaires au Sud-Soudan. Le Sud, écrit-il, n'a jamais été un front uni. Au début des années 90, une fracture sanglante s'est opérée au sein de la SPLA, l'armée de libération, entre d'un côté les puissants Dinka , de l'autre les Nuer et les Chillouk. Aujourd'hui, pour les habitants du Sud, la violence intérieure est beaucoup plus mortelle que la menace émanant du régime de Khartoum, l'ONU a recensé plus de 1 500 morts depuis le début de l'année. Cela suffirait déjà, poursuit le journal, à prédire une crise existentielle au nouvel Etat. Mais comme le souligne une présentatrice d'une radio locale, Elisabeth Mayik Lual, "vous avez oublié les vols de bétail". Les boeufs sont sacrés au Sud-Soudan, c'est en boeufs que sont payées les dots pour les filles. Il peut arriver par exemple qu'une jeune fille dinka soit négociée pour 100 boeufs ou plus. Elisabeth Mayik Lual, apprend-on plus loin, fait partie à présent d'un réseau de Sud-Soudanaises de différentes tribus et ethnies qui prennent leurs téléphones portables pour jouer les médiatrices lorsque les jeunes hommes de leurs tribus respectives ont déjà le kalachnikov en main. Il y a deux semaines elles ont négocié un "traité de paix" entre deux communautés ennemies qui étaient déjà sur pied de guerre. Le document a cinq pages et se lit, ajoute die Zeit, comme un mélange de résolution de l'ONU et de feuille de route israélo-palestinienne.

Symbolbild CO2 Treibhauseffekt

Energies vertes

Outre le Soudan, la Süddeutsche Zeitung publie dans sa rubrique économique un long article sur l'Afrique du sud. Il est intitulé "Le Cap de l'espérance verte". Après l'échec du sommet de Cancun, écrit le journal, les négociations internationales sur le climat sont dans l'impasse. Des puissances émergentes comme la Chine et l'Inde freinent l'espoir d'un succès rapide dans la lutte contre le réchauffement de la planète. Une autre puissance émergente pourrait faire bouger les choses: l'Afrique du sud veut montrer que le passage à une économie verte peut fonctionner en dehors des sommets. Une initiative écologique sans pareille doit faire du pays le pionnier des énergies renouvelables en Afrique d'ici à 2030. Dans les prochaines années, note par exemple le journal, de gigantesques parcs d'éoliennes doivent être construits dans tout le pays. L'énergie solaire sera aussi exploitée sur une vaste échelle. Il est prévu que la part de l'électricité verte atteigne 23 gigawatt, soit à peu près l'équivalent de 20 centrales nucléaires. Et ajoute le journal, d'ici à 2025 l'Afrique du sud veut réduire de 42% ses émissions de gaz à effet de serre.

Auteur: Marie-Ange Pioerron
Edition: Fréjus Quenum

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