Se former, travailler en Europe... et rentrer | Afrique | DW | 30.11.2017
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Afrique

Se former, travailler en Europe... et rentrer

Le chef de la diplomatie allemande propose de faire venir chaque année "plusieurs centaines de milliers" de jeunes Africains en Europe pour s'y former et commencer à travailler. Condition: repartir au bout de quatre ans.

Écouter l'audio 01:45

"C'est un développement que nous encourageons" (ministre des Affaires étrangères du Mali)

En marge du sommet Union européenne - Union africaine à Abidjan, le ministre Allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel a livré sa vision d'une immigration légale de jeunes Africains en Europe.

L'Europe vieillissante va avoir besoin de millions de travailleurs qualifiés au cours des prochaines années et face à cela, l'Allemagne pourrait proposer, au niveau européen, la possibilité d'un séjour de quelques années pour des étudiants et personnels qualifiés. Écoutez la proposition de Sigmar Gabriel, au micro de notre correspondant Julien Adayé :

Écouter l'audio 01:12

"C’est un signal que ces jeunes doivent se donner du mal pour saisir cette chance"

"Nous pourrions proposer chaque année de manière tout à fait légale à des jeunes Africains de venir chez nous pour trois ou quatre ans afin d'y passer leur diplôme de Master, suivre un cursus technique ou simplement une formation professionnelle. Mais il y aurait deux conditions à cela : que ces jeunes aient terminé une formation professionnelle dans leur pays et qu'ils rentrent chez eux après une période de trois ou quatre ans". 

Réactions positives

Le ministre malien des Affaires étrangères, Aboulaye Diop, salue cette initiative de son homologue, mais il souhaite que cela soit une mesure concertée avec tous les autres partenaires de l'Union européenne.

"La question de migration doit être abordée de façon générale y compris la question de mobilité, affirme-t-il. Il est très clair qu'aujourd'hui, nous ne pourrons pas lutter contre la migration clandestine si nous n'ouvrons pas aussi les voies pour la migration régulière. C'est donc un développement que nous encourageons."

Le ministre camerounais de la Jeunesse et de l'Éducation civique, Mounouna Foutsou, applaudit des deux mains cette volonté de l'Allemagne de laisser les étudiants et diplômés africains aller et venir de façon régulière et pour cause.

"Beaucoup de jeunes Camerounais ont été formés en Allemagne. Il y en a encore d'autres qui rêvent d'étudier là-bas, et je pense que cette manière d'aller régulièrement et de rentrer régulièrement dans leur pays nous enchante."

De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel a affirmé son scepticisme quant à la proposition de faire venir en Europe des jeunes Africains. Elle a jugé exagéré le nombre avancé par Sigmar Gabriel et souligné que l'accueil de jeunes Africains devrait faire l'objet d'accords bilatéraux.

À Abidjan, l'Afrique a souhaité la bienvenue aux Européens

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Des échanges fructueux

Pour le premier jour de ce cinquième sommet Europe-Afrique, les ministres malien et camerounais interrogés trouvent les échanges enrichissants qui augurent de nouvelles perspectives entre partenaires de ces deux continents.

"Il y a un bon état d'esprit pour aller vers un partenariat renouvelé, un partenariat d'égal à égal mais aussi un partenariat qui puisse être fondé sur les visions et les priorités du continent africain", estimele chef de la diplomatie malienne.

Son collègue camerounais se félicite "que pour une fois dans tous les discours il [ait] été question d'actions concrètes, d'un plan de suivi et de partenariat gagnant-gagnant". "Je pense que ce sont des langages forts", conclut-il.

La Libye s'impose comme thème central

L'esclavage de migrants en Libye s'est par ailleurs imposé comme thème central des débats du 5ème sommet Afrique / Europe.

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Une réunion d'urgence s'est tenue dans la soirée de mercredi à l'initiative de l'Allemagne et de la France avec des hauts représentants de l'Union africaine, de l'UE et des pays concernés - Maroc, Tchad, Niger et Libye.

Un plan d'évacuation des migrants a été retenu. Le gouvernement d'Union nationale, autorité libyenne reconnue par la communauté internationale, a promis de permettre à l'Organisation internationale pour les Migrations ainsi qu'au Haut Commissariat de l'Onu pour les Réfugiés d'accéder aux centres de rétention dans les territoires sous son contrôle.

Les migrants qui font l'objet de persécution dans leur pays devraient dans un premier temps être installés au Niger ou au Tchad, tandis que que les migrants économiques recevraient une aide financière promise par les États de l'Union Européenne.

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