Sécheresse et mauvaises récoltes pour les agriculteurs allemands / Une ONG allemande au secours des réfugiés syriens au Liban | Vu d′Allemagne | DW | 08.08.2018
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Vu d'Allemagne

Sécheresse et mauvaises récoltes pour les agriculteurs allemands / Une ONG allemande au secours des réfugiés syriens au Liban

L’Allemagne et l’Europe transpirent en cet été 2018. Mais la sécheresse impacte négativement les récoltes, qui s’annoncent mauvaises pour les professionnels. Dans ce magazine également : un reportage au Liban, où une ONG allemande vient en aide aux milliers de réfugiés syriens.

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À Chemnitz, dans l’Est du pays, celui qui puisse de l’eau dans la rivière qui traverse la ville risque jusqu’à 50 000 euros d’amende. Plus au sud des trains sont à l’arrêt à cause de la chaleur. La mortalité des poissons dans le Rhin est en hausse et des autoroutes sont parfois momentanément coupées à cause de la chaleur trop élevée pour l'asphalte.

L’Allemagne vit un des étés les plus chaud depuis 140 ans, depuis que les relevés de températures existent. Dans certaines régions il n’a pas plu depuis des semaines et on enregistre un record de température à 39,4°C dans l’Est du pays. Au-delà des incendies ponctuels par endroit, cela se voit partout lorsqu’on observe les terres. Le sol est bien souvent craquelé. Et les premiers à en souffrir sont ceux qui travaillent la terre : les agriculteurs.

Aide d’urgence

"Nous avons besoin d’un milliard d’euros d’aide d’urgence", revendiquait récemment Joachim Rukwied, président deDer Deutscher Bauernverband, le puissant principal syndicat agricole allemand. Une demande qui provoque des débats chez les professionnels et les élus. Certains demandent d’attendre les résultats définitifs des récoltes de l’année. D’autres évoquent l’urgence de la situation ou préconisent des aides à long terme pour faire face au changement climatique.

Ce qui est certain ce qu’il y aura des pertes de rendement importantes. "Dans le Nord particulièrement et dans l’Est de l’Allemagne, il faut aujourd’hui compter sur des récoltes très réduites", explique Moritz Reckling, collaborateur scientifique au Leibniz-Zentrum für Agrarlandschaftsforschung, un centre de recherche sur l'agriculture basé à l'Est de Berlin en Allemagne. "Le blé par exemple : on estime qu’il pourrait n’y avoir qu’un quart de la récolte. Et dans certains cas on ne peut même pas parler de récoltes, il n’y aura pratiquement pas." 

Le principal syndicat agricole allemand mise sur 35 millions de tonnes de céréales récoltées cette année, contre 46 l'an dernier, soit près 21% de moins. Les récoltes de pommes de terre devraient également être divisées par deux à certains endroits selon des professionnels.

Récoltes de fruits meilleurs que l’an dernier

Si la situation est particulièrement sensible pour les céréales, d’autres cultures, et notamment celles des fruits, enregistrent de meilleurs résultats. "Le printemps a été meilleur pour les fruits qu’en 2017, ce qui explique que même s’ils souffrent aujourd’hui, on est de meilleurs rendements", explique Moritz Reckling.

Certains parcelles sont aussi moins touchées que d’autres. "Les cultures qui sont récoltées tôt, et qui ont besoin d’eau plus tôt dans l'année, comme l’orge d’hiver, ne sont pas autant touchées. Pas autant que les cultures qui ne sont pas encore récoltées et auraient besoin d’eau en ce moment, comme le blé par exemple", explique-t-il.

Le maïs souffre aussi particulièrement. "Chez moi, ce devrait être 60% de rendements en moins", raconte Stefan Nüßing qui exploite des terres en Rhénanie-du-Nord–Westphalie. "Et ce qu’il reste va servir à faire du biogaz, mais il n’y a pas assez d’énergie pour donner aux animaux ce qu’on pourra récolter. Il va falloir, à court terme, réduire les cheptels dans la région", se désole l’agriculteur.

Pression croissante

Une sécheresse qui s’ajoute à une situation déjà compliquée pour certaines de 285 000 fermes allemandes. "Les agriculteurs se sentent déjà acculés en ce moment", raconte Irmgard Hüppe, d’une association d’entraide dans le milieu agricole près de Münster. "Ils se sentent acculés à cause de l’instabilité politique, du manque de solidarité, dans l’agriculture, mais aussi venant des consommateurs. Les prix des terres augmentent aussi et beaucoup ne peuvent plus suivre."

Des conditions climatiques toujours plus fluctuantes

Les études scientifiques montrent que les fluctuations extrêmes de températures sont de plus en plus courantes et devraient l'être encore. Alors au-delà de l'aide d'urgence demandée par certains, il faut repenser le système agricole à long terme pour beaucoup de professionnels et spécialistes du secteur.

Deutschland Hochwasser am Rhein in Köln (picture-alliance/dpa/F. Gambarini)

En janvier, le Rhin débordait en Allemagne. Aujourd'hui il est à son niveau le plus bas depuis 15 ans.

"Il est important de trouver des mesures d’adaptation, qui permettent aux agriculteurs d’éviter ces fluctuations. Ça veut dire qu’il faut se diversifier : on ne pas seulement cultiver du maïs par exemple, mais différentes céréales", prône Moritz Reckling . Il évoque des cultures d’été plus résistantes ou encore la fertilité des sols. "Les cultures intermédiaires peuvent aider à cela, comme la luzerne par exemple."

Pour l'heure, à court terme, des discussions doivent avoir lieu entre gouvernements et professionnels. Certaines ont lieu cette semaine mais aucune décision ferme n'est vraiment attendue rapidement. Les partis politiques ne sont pas d'accord non plus sur les mesures à adopter. Seule l'Union européenne a déjà annoncé qu'elle verserait les subventions annuelles aux agriculteurs plus tôt que d'habitude.

 

Des toits et des fenêtres pour les réfugiés syriens

Libanon Flüchtlinge aus Syrien (picture-alliance/Photoshot/B. Jawich)

Des milliers de Syriens sont réfugiés au Liban, comme ici à Bar Elias.

Ils sont trois, outils dans les mains, et échangent en allemand en installant des toits métalliques et des fenêtres. La scène pourrait se passer n’importe-où en Allemagne. Mais les artisans allemands dont il est question travaillent très loin de chez eux. Ils sont à Ersal, au Liban.

C'est dans cette ville frontalière que vivent 60 000 réfugiés syriens depuis que certains font la guerre dans leur pays. Pour tenter d'améliorer le quotidiens de ces milliers de déplacés, les trois hommes de l'ONG allemande Grünhelme sont sur place.

Ils installent des toits métalliques et des fenêtres aux abris des Syriens décidés à demeurer au Liban, tant que le retour au pays ne sera pas sûr. Pour Vu d’Allemagne, en plein travail, ils se sont confiés au micro d’Emmanuel Haddad. Leur quotidien et celui de milliers de déplacés est à découvrir dans la seconde partie de ce magazine.

 

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