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RDC : arrestations massives, libertés en danger ?

23 janvier 2026

La RDC connaît une hausse des enlèvements et arrestations arbitraires des voix critiques. Des organisations dénoncent une dérive sécuritaire et de graves violations des libertés publiques.

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Kinshasa 2025 | Heurts entre manifestants et policiers devant l'ambassade de France, à Kinshasa, le 28 janvier 2025 (illustration)
Les défenseurs des droits humains dénoncent les dangers encourus par les voix critiques en RDCImage : Benoit Nyem/REUTERS

Depuis plusieurs semaines, la République démocratique du Congo connaît une hausse inquiétante des enlèvements et arrestations arbitraires visant opposants politiques, militaires, journalistes et défenseurs des droits humains. Alors que le conflit avec les rebelles de l’AFC‑M23 s’intensifie dans l’est du pays, des voix s’élèvent pour dénoncer une dérive sécuritaire et des violations graves des libertés publiques.

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Un contexte sécuritaire explosif dans l’est du pays

La nouvelle vague d’arrestations survient alors que l’armée congolaise tente de repousser les rebelles de l’AFC‑M23, soutenus par le Rwanda, qui occupent de larges zones du territoire dans l’est de la RDC.
Dans ce climat de guerre, les autorités estiment devoir réagir avec fermeté pour protéger les institutions.

Le président de la Commission nationale des droits humains (CNDH), Paul Nsapu, justifie ces interpellations par les renseignements dont disposeraient les services de sécurité :

“Face aux menaces, il est normal que les services fassent ces interpellations. L’armée doit faire son travail et les autorités doivent veiller.”

Des opposants ciblés et détenus en dehors de toute procédure légale

Parmi les cas les plus marquants, celui de Nathanael Onokomba, cadre d’un parti d’opposition, arrêté le 5 janvier par des hommes cagoulés se présentant comme membres du Conseil national de cyberdéfense (CNC). Son tort : avoir critiqué l’accord de paix de Washington.

Son avocat, Godefroy Mwanabwato, affirme qu’il a fallu attendre une semaine avant de savoir où son client était détenu :

“Il a été amené dans un lieu secret, torturé, puis transféré à la Haute cour militaire avant d’être incarcéré à la prison militaire de Ndolo.”

Ces méthodes extrajudiciaires - enlèvements, cachots clandestins, interrogatoires sur les opinions politiques - inquiètent de plus en plus les organisations de défense des droits humains.

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Une stratégie de la terreur ?

Pour Carlos Mupili, président de la Dynamique chrétienne pour la défense des droits humains et de l'environnement, le pouvoir utilise désormais la peur comme outil de contrôle politique :

“Les enlèvements, les arrestations arbitraires, les tortures et les cachots clandestins ont atteint un seuil alarmant. Le président doit respecter sa promesse de fermer ces lieux secrets et garantir les droits humains.”

Selon lui, cette intensification de la répression pourrait viser à neutraliser toute contestation dans une période de forte instabilité nationale.

Des inquiétudes sur la scène internationale

La RDC s’est rapprochée des États‑Unis ces derniers mois. Cependant, les méthodes employées par les autorités congolaises pourraient compromettre cette dynamique.
Carlos Mupili craint que Washington, malgré ses alliances stratégiques, ne s’inquiète de la dégradation de la situation des droits humains.
D’autres estiment toutefois que les États‑Unis pourraient tolérer ces dérives au nom de la stabilité régionale.

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