RDC : la réduction de moitié du budget ne rassure pas | Afrique | DW | 24.02.2020
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Afrique

RDC : la réduction de moitié du budget ne rassure pas

Le gouvernement de la RDC a réduit de 50% son budget initial pour 2020. Le Fonds monétaire international s’en réjouit. Mais de nombreux Congolais craignent que cela n’entrave la réalisation de certains projets.

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"Les choses vont aller maintenant de mal en pis"(Dieudonné Mushagalusa)

En République démocratique du Congo, le budget de l’Etat exercice 2020 était estimé au départ à près de 11 milliards de dollars. Trop optimiste selon le Fonds monétaire international. En conséquence, le plan de trésorerie publié par le ministère des Finances a réduit de près de moitié les prévisions.

Tout dépendra de la capacité de mobilisation des recettes fiscales, explique-t-on dans les milieux économiques. "Mais chacun sait que c’est un sujet compliqué dans un pays victime d’un détournement des fonds publics à grande échelle", témoigne une source anonyme.

Le nouveau plan de trésorerie a donc rectifié les calculs du gouvernement en évoquant un contexte de rentrées fiscales défavorable.

Le montant des recettes est désormais fixé à 9.000 milliards de francs congolais, soit 5,4 milliards de dollars – environ la moitié du budget voté – pour un déficit de 206 millions de dollars.

Kristalina Georgieva, la directrice générale du FMI

Kristalina Georgieva, la directrice générale du FMI

"Il faut aussi être réaliste. Ce sont les demandes du FMI vu qu’on travaille en partenariat. Donc ce sont des mesures qu’on essaie de suivre. Je pense qu’il faut travailler dur et essayer d’arrêter cette perte des recettes fiscales. Il faut voir pourquoi ça ne marche pas", déplore Alain Matonda, économiste du groupe Nissi business consulting.

Selon lui, le recadrage à la baisse des recettes fiscales par le ministère des Finances est conforme aux directives du Fonds monétaire international.

Inquiétudes

Plusieurs Congolais redoutent qu’un budget revu à la baisse ne permette pas de financer certaines réformes promises, comme la gratuité de l’école ou l’élargissement de l’assurance maladie.

À elle seule, la gratuité de l'enseignement pèserait plus de 2 milliards de dollars

À elle seule, la gratuité de l'enseignement pèserait plus de 2 milliards de dollars

"Les choses vont aller maintenant de mal en pis, d’autant plus que la question de la gratuité de l’enseignement, elle-même, va coûter 2.5 milliards de dollars. Ce qui fait presque 50% du plan qu’on vient de nous rendre public", estime le coordonnateur des experts de la société civile, Dieudonné Mushagalusa.

À l’en croire, "les 2.5 milliards qui vont rester ne peuvent pas couvrir les besoins sociaux de base de la population, moins encore le fonctionnement des institutions de la République. Ce qui veut dire que l’avenir s’annonce sombre, les espoirs sont en train de s’éteindre de plus en plus. Il n’y a aucune espérance qu’on puisse donner à l’amélioration des conditions de vie de la population".

Pour sa part, le ministre du Budget, Jean-Baudoin Mayo, estime que le plan de trésorerie n’est pas une minoration du budget, lequel est une loi que le gouvernement n’aurait pas le pouvoir de modifier.

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