RDC : la CPI condamne Bosco Ntaganda | Afrique | DW | 08.07.2019
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Afrique

RDC : la CPI condamne Bosco Ntaganda

La Cour pénale internationale a reconnu l'ancien chef de guerre coupable pour des crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en Ituri entre 2002 et 2003.

Le verdict est tombé dans l'affaire Bosco Ntaganda. Une première étape a été franchie pour les représentants des victimes d'un conflit dont les répercussions se font toujours sentir aujourd'hui.

Pendant une heure, le juge Robert Fremr a détaillé les nombreux crimes reprochés à Bosco Ntaganda : massacres, viols, enrôlement d'enfants-soldats ou encore déplacements forcés de populations civiles... Au total, l'ex-chef de guerre congolais a été reconnu "coupable" de 18 chefs d'accusation.

Le verdict a été accueilli avec soulagement par les défenseurs des victimes. Maître Chérine Luzaisu représente les victimes civiles :

"Pour les victimes, c'est une grande victoire qui vient d'être remportée. Les victimes attendent depuis 2002, c'est donc avec beaucoup de satisfaction que nous avons accueilli ce verdict."

Les violences se poursuivent en Ituri

Le procès a été également suivi de près en Ituri où des groupes armés continuent de semer la terreur. Jean Bosco Lalo est le coordinateur de la société civile d'Ituri :

"Pour nous, la justice continue à faire son travail. On a eu Thomas Lubanga, Germain Katanga, Matthieu Ngudjolo et maintenant Bosco Ntaganda. Malheureusement, la situation sur le terrain s'est aggravée et à ce niveau-là on se demande quel est l'impact de ce jugement de la CPI sur les problèmes qu'elle est en train de réprimer. L'enjeu est plus grand que ces personnes qui ont été interpellées et qui sont condamnées aujourd'hui."

Ces dernières semaines, plusieurs centaines de personnes ont été tuées et des centaines de milliers d'autres déplacées. La situation ravive les souvenirs des exactions du Front patriotique pour la libération du Congo (FPLC), le bras armé de l'Union des patriotes congolais (UPC).

Selon les juges de la CPI, Bosco Ntaganda, alors numéro deux de l'UPC, a donné des "ordres directs pour tuer des civils" aux soldats des FPLC, par exemple lors du massacre de 49 villageois dans une bananeraie à coups de bâton, couteaux et machettes.

Hommage aux victimes

Si les preuves ont suffi à établir la culpabilité de Bosco Ntaganda dans cette attaque, ce n'est pas le cas pour tous les villages, déplore l'avocate des victimes Chérine Luzaisu :

"Pour certains villages où des crimes ont été commis, il n'y a pas eu assez de preuve. Conséquence : certaines victimes ne pourront plus continuer dans la procédure parce que les villages préjudiciés n'ont pas été pris en compte par les juges."

Cela signifie concrètement que les victimes de ces crimes, environ 200 sur le total de 1.859 défendues, ne pourront pas obtenir réparation. C'est d'ailleurs la prochaine étape que préparent les avocats des parties civiles, en attendant l'éventuel appel de la défense de Bosco Ntaganda.

Selon Chérine Luzaisu, ce verdict est un hommage aux victimes décédées depuis le début de la procédure mais aussi un avertissement à tous les criminels de guerre "qui continuent de semer la désolation en Ituri". La justice finira par les rattraper, promet l'avocate.

Par ailleurs, de nombreuses organisations internationales ont également salué le verdict rendu à La Haye. La condamnation de Ntaganda est une "grande victoire pour les survivants", a ainsi déclaré dans un communiqué le directeur de Human Rights Watch, Kenneth Roth. La Fédération internationale des droits de l'homme s'est quant à elle réjouie d'un "jour de joie pour les victimes d'Ituri".

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