Réforme constitutionnelle diversement appréciée au Togo | Afrique | DW | 09.05.2019
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Afrique

Réforme constitutionnelle diversement appréciée au Togo

La réforme constitutionnelle adoptée mercredi fait beaucoup réagir au Togo. Certains parlent d'avancée quand d'autres estiment que le texte n'a été écrit que pour favoriser Faure Gnassingbé.

Écouter l'audio 02:04

Reportage au Togo de Noël Tadegnon

Au lendemain de la réforme constitutionnelle, les Togolais réagissent diversement ce jeudi. Notamment parce que la réforme n'est pas rétroactive et devrait permettre au président Faure Gnassingbé de se représenter en 2020 et 2025.

Que dit la loi ?

Le texte adopté prévoit en effet que le président de la République soit élu au suffrage universel, libre, direct, égal et secret pour un mandat de 5 ans, renouvelable une seule fois. Mais le texte précise que les mandats déjà réalisés et celui en cours à la date d'entrée en vigueur de la nouvelle loi constitutionnelle "ne sont pas pris en compte". L'actuel président, au pouvoir depuis 2005, pourra ainsi se représenter à la fin de son mandat actuel de 5 ans, qui prendra fin en 2020. 

Le mandat des députés se trouve rallongé à 6 ans, contre cinq auparavant, renouvelable une fois seulement. Il n'y avait jusque-là aucune limite au nombre des mandats. La réforme instaure également une immunité à vie pour les anciens présidents. Les députés ont adopté le projet de loi au cours d'un vote à bulletin secret. 

"Nouvel ère" pour le Togo ou succès personnel pour Gnassingbé ?

La classe politique est divisée après ce vote. Dans le camp du président on affirme, sans surprise, que la réforme est un plus pour tout le pays. "Le Togo, par ce vote, vient d'ouvrir une nouvelle page de son histoire", assure Aklesso Atcholé député du parti au pouvoir UNIR. "C'est un signal fort que les députés viennent d'envoyer à tous les Togolais, qu'il est possible de s'entendre quand il s'agit de questions majeures qui concernent notre pays." 

Togo Wahl | Wahllokal in Lome (Getty Images/AFP/M.F. Koffi)

Faure Gniassingbé, au pouvoir depuis 2005, pourra se représenter à la fin de son mandat actuel en 2020

Un avis que ne partage pas du tout Pascal Adoko, membre de la coalition de l'opposition. "Avec les reformes opérées, le chef de l'Etat sera au dessus de la loi", se fâche l'élu. "Il sera sous le couvert par une immunité ad vitam aeternam. L'Assemblée nationale vient de délivrer à Faure Gnassingbé un blanc-seing pour les crimes, même de sang, contre peuple." 

Au sein de la population, les avis sont aussi partagés. "Est ce que c'est la réforme demandée par le peuple togolais que les parlementaires ont voté ?", interroge un homme. "Je dis non. Et je dis que la crise alors n'est pas finie". D'autres rappellent que "le peuple togolais" ne demandait pas de réforme, mais le retour à la Constitution de 1992. "Mais si vraiment un président doit faire cinq ans, s'il travaille bien, on peut le reconduire jusqu'à dix ans, deux mandats. Ca c'est très bon", conclut un habitant de Lomé.

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