Quelle destination pour le guide déchu? | Afro-presse (hebdomadaire) | DW | 19.09.2011
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Afro-presse (hebdomadaire)

Quelle destination pour le guide déchu?

Après la chasse à Mouammar Kadhafi, l'heure est aux pressions diplomatiques sur les pays qui accorderaient refuge au guide libyen déchu. La Libye continue d'alimenter les colonnes de la presse.

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Un soldat rebelle pose sur l'un des symboles du complexe de Bab Al Aziziya

Par exemple un long reportage à lire dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Il s'intitule "la forteresse de la peur est tombée". Cette forteresse, c'est - ou c'était - l'imposant complexe militaire de Bab Al Aziziya, le centre du pouvoir de Kadhafi. Des avions de l'OTAN, écrit le journal, l'ont réduit en cendres, et depuis Bab Al Aziziya est devenu un but d'excursions familiales. L'envoyé du journal en Libye a aussi rencontré là-bas un ancien professeur, qui a été le premier des six membres du conseil de transition à Tripoli. Il s'appelle Amin Belhadj, il a vécu seize ans en exil à Manchester en Angleterre. Et on lit que, lorsque les manifestations du 17 février ont été brutalement réprimées, des opposants sont entrés dans la clandestinité et ont élaboré un plan pour renverser le régime. Tripoli a été divisée en douze zones et trois centres opérationnels. Des groupes se sont rassemblés au sein d'une coalition du 17 février , ils ont fait entrer des armes en contrebande dans Tripoli , lesquelles armes étaient ensuite distribuées discrètement par des handicapés en chaises roulantes. Le quotidien Die Welt s'interroge sur l'avenir de la Libye. L'Otan et les insurgés ont eu jusqu'à présent de la chance, écrit le journal. Une guerre ne fait pas que des perdants. Mais cela ne garantit pas que le bien l'emporte. Le bien est tout au plus une décision rapide et claire, au lieu d'une longue et sanglante guerre civile. Mais rien n'est encore joué définitivement en Libye. Et les amis de la liberté précisément savent que tout ce qui s'intitule "Libération du peuple" ne tient pas forcément cette promesse. Les mollahs iraniens, demande Die Welt, valent-ils mieux que la dictature du shah?

Libyen Wassermangel

L'avenir toujours incertain après la chute de Kadhafi

Les relations entre Kadhafi et l'Afrique subsaharienne

La Süddeutsche Zeitung note dans son édition de mardi que jusqu'à présent les Kadhafi n'ont trouvé refuge que dans des pays africains. L'Afrique n'était certes pour l'ex-guide libyen qu'un deuxième choix, après l'échec de ses ambitions panarabes, mais ceux qu'il a aidés ne s'en souciaient guère. Il a soutenu la lutte contre l'apartheid en Afrique du sud. Il a appuyé des autocrates au Burkina Faso, au Niger, ou en Guinée Bissau - mais ce faisant il n'a fait que s'immiscer dans le triste héritage postcolonial des Européens. Aujourd'hui, alors que la chasse à Kadhafi est passée à la phase du chat et de la souris, les Européens déballent leurs vieux outils pour l'Afrique, à savoir la carotte et le bâton. La menace de sanctions pour les pays qui donneraient refuge à Kadhafi, la forte pression diplomatique sur des nains politiques comme le Burkina Faso ou le Niger contraint certes ces Etats à des pirouettes divertissantes, poursuit le journal. Le Burkina Faso offre l'asile à Kadhafi puis dément un peu plus tard, Le Niger accueille le fils mais ne veut pas du père, Même l'Algérie, un allié dans la guerre civile, n'ouvre sa frontière qu'à une partie de la famille, mais pas au dictateur lui-même. Mais, poursuit le journal, ces contorsions s'expliquent plus par des raisons de politique intérieure dans des pays où Kadhafi est encore admiré par les populations. Seule l'Afrique du sud a pu résister à la pression extérieure. Mais il est difficile d'imaginer que Jacob Zuma, qui est en train de prendre son élan pour obtenir un siège permanent au conseil de sécurité de l'ONU, veuille vraiment tenter l'aventure. Kadhafi ne peut se sentir nulle part en sécurité en Afrique.

Hunger in Äthiopien

En Ethiopie, la famine frappe surtout des femmes et des enfants

La Corne de l'Afrique toujours minée par la sécheresse

Elle a déjà fait des ravages, lit-on dans l'hebdomadaire die Zeit. Le bétail meurt. Mohammed Dambi par exemple, un éleveur encore riche il y a peu de temps, possédait 95 boeufs. 90 sont morts en trois semaines. A la différence de la Somalie pourtant, l'Ethiopie, souligne le journal, n'est un Etat ni fragile, ni failli. L'Etat y est omniprésent. Le régime de Meles Zenawi est autoritaire. Mais l'Ethiopie est le pays qui reçoit le plus d'aide alimentaire au monde. Meles Zenawi la prend avec gratitude - et reste allergique à toute forme de critique. Il serait néanmoins trop simple, poursuit le journal, de reprocher au gouvernement de s'en remettre uniquement à l'aide extérieure. Les institutions fonctionnent plutôt bien, et le régime a des projets ambitieux pour combattre la faim. D'ici à 2015 on veut doubler les récoltes et réduire le déficit alimentaire structurel. Avec une croissance démographique de 2,9% par an, l'objectif est utopique, écrit le journal. Depuis la grande famine de 1984, la population est passée de 42 à 84 millions d'habitants. Avec les partages de succession, les parcelles deviennent de plus en plus petites et ne pourront bientôt plus nourrir les familles. Qu'en sera-t-il en 2025 lorsque 150 millions d'habitants devront se partager des ressources rares? s'interroge die Zeit.

Un mot encore pour vous dire que la visite du président rwandais en France est aussi évoquée dans la presse allemande. La Frankfurter Allgemeine Zeitung parle d'une visite presque normale. Cette première visite de Paul Kagamé à Paris depuis le génocide de 1994 répond au souhait du président Sarkozy de normaliser les relations avec le Rwanda, mais suscite aussi des réactions mitigées. Pour Sarkozy, note le journal, il s'agit aussi d'améliorer les relations économiques. Du point de vue français Kigali joue de surcroit un rôle clé dans la région, stratégiquement très importante, des Grands Lacs.

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