Quel avenir pour la CDU en Allemagne après l′ère Merkel ? // Le musée de Tervuren en Belgique et la période coloniale | Vu d′Allemagne | DW | 12.12.2018
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Vu d'Allemagne

Quel avenir pour la CDU en Allemagne après l'ère Merkel ? // Le musée de Tervuren en Belgique et la période coloniale

Annegret Kramp-Karrenbauer vient de prendre la place d'Angela Merkel à la tête de la CDU. La fin de 18 ans de règne d'Angela Merkel sur son parti. On tente dans ce magazine de faire le point sur les conséquences pour la CDU et la vie politique allemande. En second partie, direction la Belgique ou le musée de Tervuren vient de rouvrir et veut "porter un regard critique sur le passé colonial".

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Annegret Kramp-Karrenbauer élue avec 51,7% de voix. Nouvelle présidente et nouvelle ère pour le parti conservateur allemand, la CDU, après 18 ans de règne d'Angela Merkel. C'était vendredi 7 décembre au congrès de la CDU à Hambourg. Trois candidats étaient en lice et c'est donc celle qui était jusque-là secrétaire générale du parti, une proche d'Angela Merkel, qui a été élue d'une courte majorité. 

LIRE AUSSI → Annegret Kramp-Karrenbauer remplace Angela Merkel à la tête de la CDU

Un changement et une élection comme en connaissent régulièrement tous les partis en Allemagne. Sauf que celle-là est donc particulière, puisque elle marque la fin de l'ère Merkel à la CDU. La chancelière cède la présidence du parti après 18 ans et quittera aussi le pouvoir fédéral à la fin de son mandat, au plus tard, en 2021. Une place de chancelière qu'elle occupait depuis 2005. 

Un changement très suivi et très commenté en Allemagne. Dans ce magazine, avec le Professeur Dr. Frank Baasner, directeur de l'institut franco-allemand de Ludwisburg en Allemagne depuis 17 ans, nous tentons de décrypter les conséquences de cette élection. 

Annegret Kramp-Karrenbauer : le profil modéré

Annegret Kramp-Karrenbauer était une proche d'Angela Merkel. Comme la chancelière, elle est une adepte du compromis et de la négociation. Elle a d'ailleurs joué un rôle majeur lors des dernières négociations de coalition. Surnommée parfois la "Mini-Merkel", ou la "Merkel bis", il n'en reste pas moins qu'elle a des points de désaccords avec la chancelière. "Il faut bien qu'elle affiche sa différence", estime Frank Baasner. "Mais il n'y aura pas de vraie rupture de style ou de prise de position radicale", selon-lui.

Si Annegret Kramp-Karrenbauer affiche par exemple des positions plus radicales sur la migration, Frank Baasner rappelle que la politique d'Angela Merkel a déjà beaucoup évolué depuis la "crise" migratoire de 2015. "Elle est devenue beaucoup plus restrictive, on parle de maîtriser les flux migratoires ou de protéger les frontières européennes.

La CDU, en quête d'Union 

Deutschland CDU-Parteitag in Hamburg Kramp-Karrenbauer, Merz und Spahn (Reuters/F. Bimmer)

Jens Spahn, Annegret Kramp-Karrenbauer et Friedrich Merz étaient tous trois candidats à la tête de la présidence de la CDU.

La campagne électorale au sein de la CDU l'a montré une fois encore, le parti est divisé entre plusieurs courants. Friedrich Merz ou Jens Spahn, les deux désormais anciens rivaux d'Annegret Kramp-Karrenbauer, affichent des positions beaucoup plus libérales sur un certain nombre de points. Nombreux sont ceux au sein du parti à dénoncer "un virage à gauche" de la chancelière Angela Merkel depuis plusieurs années. Ce fût le cas en 2015 lors des arrivées massives de réfugiés ou encore au moment de la loi sur le mariage pour les couples homosexuels. 

"Mais la CDU est un grand parti, il a gouverné environ 50 ans sur les 70 que compte la République fédérale", rappelle Frank Baasner. "Il a donc toujours été traversé par différents courants, entre les libéraux adeptes de l'économie de marché et ceux adeptes d'un côté plus social", explique-t-il. Le nouveau secrétaire général, Paul Ziemiak, est plutôt du premier courant et son élection, au lendemain de celle d'Annegret Kramp-Karrenbauer, vise à resouder le parti. "Mais il n'aura pas seul la force d'y arriver. Cela dépendra aussi de la volonté ou non de Friedrich Merz et de ses soutiens de s'associer à une démarche commune", estime Frank Baasner.

Des élections à venir dès 2019

Frankreich Wahlwerbung Europawahl | Konterfei Donald Trump (picture-alliance/AP Photo/J.F. Badias)

Des élections européennes sont prévues du 23 au 26 mai prochain dans toute l'Europe afin d'élire les 705 députés du parlement européen.

Si les prochaines élections nationales, pour élire un nouveau chancelier ou une nouvelle chancelière, ne devraient pas se dérouler avant 2021 en Allemagne - à moins d'une rupture de la grande coalition d'ici-là et d'élections anticipées, ce qui semble aujourd'hui peu probable -, d'autres scrutins auront tout de même lieu avant, et rapidement. Des élections régionales sont prévues dans le Brandebourg, la Saxe et la Thuringe dès 2019. 

Trois régions où Angela Merkel n'a pas, selon les élus sur place, bonne image. Ce qui pourrait nuire au parti CDU, désormais dirigé par une de ses proches. "Il reste du temps, mais ce sera le défi pour la nouvelle présidente", estime Frank Baasner. Les résultats du parti dépendront aussi de l'autre parti historique allemand, le SPD, pour qui l'élection d'une candidate "modérée" à la tête de la CDU, n'est pas forcément une bonne nouvelle. "Il est vrai qu'il aurait été plus facile pour le SPD d'avoir un président de la CDU très différent, moins au centre, pour marquer sa différence", réagit encore Frank Baasner. Il faudra aussi compter sur la présence de l'AFD, le parti d'extrême-droite qui ne cesse de monter et compte aujourd'hui 92 députés (sur 709) au Bundestag. 

Des défis pour la CDU et les partis traditionnels 

L'année 2019 sera donc marquée par des élections régionales en Allemagne, mais aussi des élections européennes en mai. "Or, comme dans d'autres pays, il y a une crise de confiance en tous les partis traditionnels", rappelle Frank Baasner. Il faudra pour les élus et candidats retrouver la confiance des électeurs. Un défi parmis d'autres en Allemagne. "Il n'y a toujours pas de loi d'immigration vraiment organisée", cite par exemple Frank Baasner, rappellant que la population vieillit.

"Il y a aussi, comme en France, et comme on le voit avec le mouvement de gilets jaunes en ce moment, des gens qui travaillent et risquent pourtant de tomber dans la précarité", explique-t-il. "Il faut que l'Allemagne arrive à régler ce vrai probléme social". Après ses larmes lors de son élection, Annegret Kramp-Karrenbauer ne devrait pas manquer de travail à la tête de la CDU ... 

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"Regard critique sur le passé colonial belge" 

Dans la seconde partie de Vu d'Allemagne, passage de la frontière Ouest, nous partons en Belgique, au musée de Tervuren, l'Africa Museum. Il vient de rouvrir ses portes au public, après cinq cinq ans de travaux. Ses équipes veulent désormais "porter un regard critique sur le passé colonial belge", en plein débat sur la restitution des oeuvres en Europe. 

Wendy Bashi s'est rendue sur place pour visiter ce musée, et découvrir le travail avant sa réouverture. Et résultat : il y a encore du travail.

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