Prix africain du journalisme d′investigation Norbert Zongo | Afrique | DW | 02.09.2021
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Afrique

Prix africain du journalisme d'investigation Norbert Zongo

La Deutsche Welle est partenaire de l'édition 2021 du Prix africain du journalisme d'investigation Norbert Zongo, qui récompense les meilleures enquêtes menées sur le continent africain.

DW Hausa | Symbolbild Radio

Les candidatures sont ouvertes aux productions de la presse écrite, de la radio, de la télévision et de la presse en ligne.

Les journalistes d’investigation en Afrique sont invités à soumettre leurs travaux d’ici le 15 septembre 2021 pour tenter de remporter le Prix africain du journalisme d’investigation Norbert Zongo (Paji-NZ), du nom du journaliste burkinabè assassiné le 13 décembre 1998, alors qu'il enquêtait sur le meurtre du chauffeur du frère cadet de l’ancien président burkinabè Blaise Compaoré. 

Cette première édition du Prix africain du journalisme d’investigation Norbert Zongo se veut un cadre pour "valoriser et promouvoir le travail de confrères et consœurs dans l’investigation", indique Olivier Piot, directeur de l’ONG Média et Démocratie, co-initiateur de l’événement avec le Centre national de presse Norbert Zongo (CNP-NZ) et laCellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’ouest

La lutte contre le blanchiment d’argent, la corruption, le crime organisé, la violation des droits humains la bonne gouvernance… C’est en substance autour de ces thèmes que les journalistes devront avoir publié leurs investigations entre le 3 mai 2019 et le 3 mai 2021 pour être éligibles. 

Les candidatures sont ouvertes aux productions de la presse écrite, de la radio, de la télévision et de la presse en ligne. Ces productions seront évaluées, selon les initiateurs, sur la base de leur qualité et de leur cohérence avec les caractéristiques qui définissent le journalisme d’investigation. Elles doivent ainsi "permettre de faire avancer la conscience citoyenne des sociétés civiles africaines sur un certain nombre de mécanismes, qu’ils soient économiques, sociaux ou politiques", ajoute Olivier Piot. 

Pour pouvoir participer, il faut être issu d’un pays africain et avoir produit des publications journalistiques sur l’Afrique. Les non-Africains peuvent aussi soumettre leur candidature, à condition d’avoir résidé pendant au moins deux ans sur le continent africain.  

Les organisateurs envisagent de récompenser entre deux et trois journalistes par catégorie (presse écrite, radio, télévision presse en ligne). Ils prévoient également de récompenser la meilleure production toutes catégories confondues à travers le "Segbo d’or", faisant ainsi un clin d’œil au journaliste Norbert Zongo, qui avait pour nom de plume "Henry Segbo." 

 "Pressions, intimidation" : une pratique pas toujours aisée en Afrique

Si les organisateurs s’enthousiasment pour cette édition, ils sont en revanche conscients des menaces et risques qui pèsent encore sur les journalistes dans le monde, et en particulier en Afrique. Selon l’ONG Reporters sans frontières, plus de 30 reporters ont été tués sur le continent depuis 2016, faisant de l’Afrique, "le continent le plus violent à l’égard des journalistes."

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Le journaliste béninois Ignace Sossou, dont l’organisation Cenozo fait partie des organisateurs de ce prix, estime qu’il est plus risqué de pratiquer le journalisme d’investigation sur le continent, "en raison de régimes de plus en plus répressifs avec des pays où l’impunité bat son plein".

Lorsqu’en 2018, l’enquête journalistique"West Africa Leaks" a révélé que des millions de dollars des pays ouest-africains étaient détournés via des paradis fiscaux offshore, "les journalistes africains qui ont travaillé sur ces sujets ont fait l’objet de harcèlements judicaires, de pressions, de menaces de mort et de tentatives d’assassinat", poursuit M. Sossou. 

Ignace Sossou a été condamné lui-même en 2019 à douze mois de prison, dont six mois ferme, par la cour d'appel de Cotonou pour des phrases relayées sur les réseaux sociaux. Deux ans après, il invite les journalistes du continent à une "prise de conscience des dangers qui les guettent, mais à ne pas baisser les bras parce qu’on a un rôle essentiel à jouer dans la vie de la communauté, de notre pays et dans l’avenir de l’humanité, quelles que soient les entraves"

 

Promotion du journalisme d'investigation 

 

Mais comment arriver à développer ce genre journalistique dans un tel contexte ? A en croire Abdoulaye Diallo, directeur du centre national de presse Norbert Zongo, cela passe par la promotion de l’investigation dans les différents groupes de presse. "Notre souhait est que chaque rédaction soit capable d’avoir des journalistes qui font des enquêtes sur des semaines, des jours, voire des années pour sortir des résultats probants", indique-t-il. 

Initialement seul organisateur de ce prix, le centre national de presse Norbert Zongo de Ouagadougou s’est ouvert cette année à la Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’ouest (Cenozo) et l’ONG Médias & démocratie. Le prix sera organisé désormais tous les ans au lieu de tous les deux ans. 

Le jury qui devra statuer sur les meilleurs travaux d’enquêtes est composé de neuf membres, comprenant sept journalistes africains et deux membres d’organisations de la société civile.