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Privés du Mondial, les supporters sénégalais en colère

Saikou Seydi
9 juin 2026

À l’approche du Mondial 2026, des supporters et journalistes sénégalais dénoncent les restrictions de visas imposées par les États-Unis, qui compliquent leur déplacement.

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Sénégal Dakar | Des supporters sénégalais
Les chiffres du Département d’État américain montrent que le Sénégal est l'un des pays le plus touché par les refus de visas touristiques et d’affaires vers les États-Unis. Entre octobre 2024 et septembre 2025, près de trois demandes sur quatre ont été rejetées, soit un taux de refus de 73,96 %.Image : ZOHRA BENSEMRA/Reuters

La situation est vécue comme une injustice par de nombreux passionnés des Lions de la Téranga, l'équipe nationale de football du Sénégal.

Aliou Ngom, plus connu sous le nom de Paco Sénégal, ne fera pas le déplacement aux États-Unis. Une première pour cette figure emblématique du soutien aux équipes nationales sénégalaises, présente dans les grandes compétitions depuis près de vingt ans.

"Je suis un fervent supporter, présent à chaque fois que mon pays est engagé dans une compétition. Ma mission est d'aller pousser les athlètes sénégalais. Nous avons remarqué que, pour cette Coupe du monde, ce n'est pas la passion qui compte, mais le passeport. Ce qui se passe, c'est de la discrimination. J'ai fait les quatre continents du monde, mais vu les restrictions, je n'ai même pas déposé [de demande]", déplore-t-il.

Depuis octobre 2024, le Sénégal figure parmi les pays soumis à des restrictions renforcées pour l'entrée sur le territoire américain.

Entre frustration et espoir chez les supporters

Pour Issa Laye Diop, président du Comité national des supporters du Sénégal, le 12e Gaindé, ces mesures privent de nombreux fans de l'opportunité d'accompagner leur sélection.

"C'est un sentiment de tristesse qui nous anime à l'idée de ne pas pouvoir nous rendre aux États-Unis pour supporter notre équipe. Nous restons néanmoins optimistes, en espérant un dénouement meilleur face à cette situation", a fait savoir Issa Laye Diop.

18 janvier 2026 - Sadio Mané brandit le trophée de la CAN et célèbre avec ses coéquipiers après la victoire du Sénégal face au Maroc en finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), au stade Prince Moulay Abdellah Stadium à Rabat au Maroc.
18 janvier 2026 - Sadio Mané brandit le trophée de la CAN et célèbre avec ses coéquipiers après la victoire du Sénégal face au Maroc en finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), au stade Prince Moulay Abdellah Stadium à Rabat au Maroc.Image : Abdel Majid Bziouat/AFP/Getty Images

Malgré les obstacles, les supporters entendent rester mobilisés. Ceux qui disposent d'un visa canadien prévoient de rejoindre l'Amérique du Nord pour soutenir les Lions.

"Certains parmi nous ont obtenu des visas pour le Canada. Ils vont y aller. Avec nos compatriotes qui sont là-bas, nous allons nous organiser pour soutenir notre équipe nationale", explique Issa Laye Diop.

Les journalistes également pénalisés

Les professionnels des médias sont eux aussi confrontés à des difficultés. Si la majorité des journalistes sénégalais accrédités ont obtenu leur visa, celui-ci ne leur permet qu'une seule entrée sur le territoire américain.

Une contrainte qui complique considérablement la couverture du tournoi, selon Abdoulaye Thiam, président de l'Association nationale de la presse sportive sénégalaise.

"Nous avons des visas d'entrée unique. Ce qui veut dire que les journalistes sénégalais ne pourront pas suivre le troisième match des Lions, à Toronto, le 23 contre l'Irak. Et si le Sénégal doit jouer les huitièmes au Mexique ou au Canada, les journalistes ne pourront pas s'y rendre. C'est incompréhensible. Nous avons saisi le ministère des Affaires étrangères du Sénégal et le Consul des États-Unis à Dakar."

Le Sénégal fera son entrée dans la compétition le 16 juin face à la France. En attendant une éventuelle évolution des conditions d'entrée, les Lions de la Téranga devront compter en grande partie sur le soutien de la diaspora sénégalaise installée en Amérique du Nord.