Présidentielle au Cameroun: Paul Biya affûte ses armes | Afrique | DW | 29.05.2018
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Afrique

Présidentielle au Cameroun: Paul Biya affûte ses armes

Au terme de deux décrets publiés lundi, le président Paul Biya a renouvelé les instances en charge des élections à seulement cinq mois de la prochaine élection présidentielle d’octobre.

Écouter l'audio 06:20

"C’est de la cosmétique, du vernis pour donner un habillage démocratique aux élections à venir" (Louis Keumayou)

Accusé par le conseil électoral de faute lourde, Abdoulaye Babale, en poste depuis 2015, est remplacé par Erik Essousse à la tête d’Elecam, Elections Cameroon.

En décidant de faire le ménage au sein d’Elecam, Elections Cameroun, Paul Biya a voulu satisfaire les desiderata du personnel de l’instance en charge des élections au Cameroun.

Depuis quelques jours, ces derniers étaient vent debout contre, affirment-ils, la "gestion opaque et calamiteuse des ressources humaines et financière d’Elecam" par le directeur général sortant, Abdoulaye Babale.

"On est dans un pays où les élections sont quasiment sans suspens. Donc, je ne pense pas que c'est le fait d'avoir renouveler Elecam, à la demande d'ailleurs des membres de cette organisation, qui va faire que les élections qui arrivent, elles sont nombreuses, connaitront un succès quelconque. C’est de la cosmétique, c'est du vernis qui a été mis pour donner un habillage relativement démocratique aux élections à venir" explique le journaliste Louis Keumayou.

Motion de soutien

Par ailleurs, dans une motion de soutien, plusieurs cadres influents du RDPC, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais  au pouvoir et des chefs traditionnels originaires du sud du Cameroun, région d'origine du chef de l'Etat, lui demandent "solennellement de se porter candidat à l'élection présidentielle d’octobre 2018."Paul Biya est notre candidat à la prochaine élection présidentielle, au regard de son bilan éloquent, de sa crédibilité nationale et internationale, diplomatique, économique, sociale et culturelle", ont-ils écrits. Parmi les signataires, Fouman Akame, un influent membre du Conseil constitutionnel. 

Selon Flaubert Djateng, le coordinateur de l’ONG Zenu Network, "au niveau de sa responsabilité en tant que membre d'une instance comme celle-là, Fouman Akame a l'obligation de réserve."

Le journaliste Louis Keumayou, pour sa part, ne se fait pas d’illusion.

Écouter l'audio 07:55

Flaubert Djateng :" Fouman Akame a enfreint à l'obligation de réserve."

"L'organisation administrative du Cameroun, le déploiement même des scrutateurs et la manière dont tout cela est contrôlé fait qu'il y a très peu de suspens. Tout est mis en œuvre pour que le Rassemblement démocratique du peuple camerounais  et ses candidats remportent toutes les élections qui vont se tenir", soutient-il.

Juge du contentieux électoral

  Selon la Constitution du Cameroun, le Conseil constitutionnel est chargé  de trancher les contentieux électoraux et de proclamer les résultats de l’élection présidentielle. Depuis son inscription en 1996 dans la loi fondamentale, c’est seulement en mars 2018 que cette institution a été officiellement installée. Et les membres qui la composent sont quasiment issus du RDP au pouvoir.

Écouter l'audio 18:53

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Plusieurs candidats ont déjà annoncé leur candidature à la présidentielle d’octobre. Parmi eux, Joshua Osih de SDF, Social democratic front la principale formation de l’opposition, ou encore l’avocat issue de l’une de provinces anglophones du pays, Akere Muna. Le président Paul Biya n’a pas encore officiellement annoncé s’il allait briguer un autre mandat. Mais il y a peu de doutes que celui qui dirige le Cameroun depuis 1982 soit une nouvelle fois candidat du RDPC, dont il est le présidentnational et le candidat naturel selon les textes statutaires du parti.

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