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Pourquoi la RCA préfère envoyer "Rambo" à La Haye

Paul Lorgerie
19 novembre 2018

Accusé de crimes contre l'humanité, le chef anti-balaka Alfred Yekatom a été transféré à la Cour pénale internationale. Le procureur général de la RCA a justifié ce choix lors d'une conférence de presse à Bangui.

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Zentralafrikanische Republik Alfred Yekatom aka "Rambo"
Image : Getty Images/AFP/G. Grilhot

"La CPI est mieux placée pour enquêter"

"Le ministre de la justice, après avis technique de ses experts, a marqué son accord pour la remise de l'inculpé Alfred  Rhombot Yekatom à la CPI afin de répondre des crimes graves qu'il aurait commis en République centrafricaine. Le samedi 17 novembre 2018 à 14h20, les autorités judiciaires centrafricaines ont remis le chef rebelle, Alfred Rhombot Yekatom, à la délégation judicaire de la Cour pénale internationale, en présence de ses avocats, avec un billet aller simple pour la prison de La Haye aux Pays-Bas."

Ce sont les mots d'Eric Didier Tambo, procureur général de la République centrafricaine, ce lundi (19.11.2018) à Bangui.

La CPI a plus de moyens

Alors que la deuxième session criminelle de l'année s'ouvre aujourd'hui, pourquoi avoir décidé de transférer l'ancien chef anti-balaka à La Haye plutôt que de le faire juger par un tribunal national, ou encore la Cour pénale spéciale ?

"Nous pensons que la CPI est mieux placée puisqu'elle dispose de moyens colossaux pour enquêter dans les lieux où nos juridictions nationales ne le peuvent pas", a justifié Eric Didier Tambo.

"Cela a été fait à la demande des autorités centrafricaines. Si nous pensons que nous n'avons pas les moyens nécessaires pour traiter une affaire, on peut la transmettre à la CPI."

En août 2014, Fatou Bensouda, procureure générale de la Cour pénale internationale, avait averti que les crimes commis en RCA pourraient relever de sa juridiction.

Quatre ans plus tard, le 15 novembre, un mandat d'arrêt international était délivré contre la personne d'Alfred Yekatom.

C'est donc sans hésiter que les autorités centrafricaines ont décidé de livrer à la CPI le suspect connu sous le nom de "Rambo".

Peut-être est-il d'ailleurs le premier d'une longue liste. Selon Eric Didier Tambo, les chefs de guerre sont dans le collimateur de la justice nationale, comme internationale.

La Cour pénale spéciale n'a pas encore commencé ses enquêtes mais une fois lancées, d'autres criminels devraient logiquement être jugés par cette juridiction mixte basée en Centrafrique.