Plus d′un million de musulmans internés en Chine//La crise des vocations des prêtres catholiques en Allemagne | Droits et libertés | DW | 15.04.2019
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Droits et libertés

Plus d'un million de musulmans internés en Chine//La crise des vocations des prêtres catholiques en Allemagne

30 ans après le bain de sang Place Tienanmen, il existe des camps d'internement en Chine, où sont enfermés des Ouïghours notamment qui y subissent un lavage de cerveau. Egalement au sommaire : de moins en moins de prêtres catholiques en Allemagne.

Écouter l'audio 12:29

Le Chinois Hu Yaobang, secrétaire général réformiste du Parti Communiste, est limogé en 1987. 
Le 15 avril 1989, il meurt subitement d’une crise cardiaque et plus de 100 000 étudiants chinois profitent de ses funérailles à Pékin, pour réclamer des changements dans une société qui les corsète. 
Au fil des semaines, des manifestations de masses rassemblent des ouvriers, des intellectuels qui rejoignent les étudiants et dénoncent avec eux la corruption, tout en criant leur soif de démocratie.

Leur point de rassemblement, c’est la place de la "Porte de la paix céleste", l’une des entrées de la Cité interdite des empereurs chinois, un lieu névralgique de la capitale. Cette place, symbole de l’autoritarisme du pouvoir, vous la connaissez peut-être sous son nom chinois de place Tienanmen.

Bildergalerie Ich gegen die Welt (Reuters/A. Tsang)

Place Tienanmen à Pékin, le 5 juin 1989, un manifestant se dresse contre les chars de l'armée chinoise

Certains historiens estiment qu’au plus fort de cette révolte inédite, les manifestations compteront jusqu’à un million de personnes. Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, les chars de l’armée écrasent le mouvement. Les soldats tirent dans la foule et tuent près de 300 manifestants d’après les autorités. Amnesty International parle d’au moins 1300 morts.

Depuis, l’évocation de ce bain de sang, que le reste du monde a suivi en direct à la télévision, est taboue en Chine. Pas question de marquer officiellement la mémoire des victimes, ni de parler des revendications d’il y a trente ans.

Des "camps de concentration"?

La Chine a changé, bien sûr, ces trois dernières décennies, mais le président Xi Jinping a resserré la vis des libertés individuelles. 
Toutefois, cette année, lors du congrès annuel du parti, il s’est passé quelque chose de nouveau : le chef du gouvernement de la province autonome du Xinjiang, dans le grand-ouest, a réagi aux accusations de défenseurs des droits de l’Homme, de politiciens occidentaux et des Nations Unies, selon lesquels dans sa province plus d’un million de musulmans sont internés dans des camps de redressement, pour la plupart des membres de la communauté ouighour. Du jamais vu encore ! 
Les autorités chinoises préfèrent parler de centres de formation, ou d’entraînement, et elles insistent sur le fait que le nombre de personnes qui s’y trouvent est en baisse. 
Il faut s’imaginer la scène : en plein Congrès national du peuple, grand-messe d’autocélébration du Parti Communiste, un journaliste britannique a l’autorisation de poser une question au Premier ministre de la province du Xinjiang pour le confronter aux dernières déclarations du gouvernement turc. 
Celui-ci avait parlé de "camps de concentration", en référence aux camps nazis durant la Seconde guerre mondiale, des camps de redressement politique, où seraient enfermés des musulmans. La Turquie s’en est émue du fait que les Ouïghours sont un peuple turcophone et musulman sunnite.