Plus de 5.000 étudiants menacés d’exclusion en Côte d′Ivoire | Afrique | DW | 09.09.2019
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Afrique

Plus de 5.000 étudiants menacés d’exclusion en Côte d'Ivoire

L’université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan veut mettre fin à la pratique des étudiants non-inscrits qui suivent des cours.

Parmi les étudiants qui tombent sous le coup de cette décision de la présidence de l’université, il y a cette étudiante en master 2. Elle n’a pas pu s’inscrire à temps et est venue à la scolarité pour négocier son cas :

"Je pense qu’avant de prendre une telle décision, on devrait sensibiliser les étudiants par rapport aux inscriptions. Mais ce sont des choses qui n’ont pas été faites. Car ce n’est pas tout le monde qui a les moyens de venir s'inscrire. Il y a même des gens qui viennent étudier et qui ont à peine de quoi manger. Il y en a d’autres qui dorment dans les amphithéâtres. Donc, c’est difficile. Ça me rend triste."

La faute aux grèves

Les étudiants concernés par l’exclusion affirment qu'ils n'ont pas pu s'inscrire à cause des grèves durant l'année scolaire mais aussi en raison de la lourdeur administrative dans le processus d’inscription à l’université Félix Houphouët-Boigny. 

Ces étudiants réclament donc un délai supplémentaire afin de pouvoir régulariser leur situation.

Dans une interview accordée à la télévision nationale ivoirienne, le vice-président de l’université a indiqué que les étudiants non-inscrits qui ont participé aux examens sont "des fraudeurs". 

La FESCI dénonce des abus

L'université souhaite en effet mettre un terme à la pratique assez généralisée des étudiants non inscrits. 

Saint Clair Alla, le secrétaire général de la Fédération des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (FESCI), soutient pour sa part, que parmi les 5.000 étudiants menacés d'exclusion, certains ont refusé de s'inscrire mais beaucoup aussi sont, selon lui, victimes d'erreurs administratives : 

" Nous réclamons que tous ceux qui ont été victimes de l'administration doivent être réintégrés. Il y en a en effet certains qui ont refusé de s’inscrire. Mais la FESCI n’a jamais demandé à un étudiant de ne pas s’inscrire.

Selon eux, la FESCI devrait bloquer les cours. Mais on ne peut pas bloquer pour trois cent étudiants qui ont refusé de s’inscrire, alors que 53.000 sont inscrits et suivent les cours."

Les amphis surchargés

Le professeur Séverin Konin explique quant à lui qu’il était temps qu’une telle mesure intervienne pour mettre de l’ordre dans cette université qui a une capacité de 10.000 places et accueille plus de 50.000 étudiants : 

" Il faut comprendre que c’est un peu la manie des étudiants de cette université. Certains  ne s’inscrivent pas du tout. Et jusqu’à ce jour, il y en a encore qui sont de l'année 2016-2017 qui ne sont toujours pas inscrits et qui vont pourtant suivre les cours. Et le président a décidé de ne plus les compter dans les différents PV (procès-verbaux). Donc le président a clos ce chapitre. Ceux qui ne sont pas inscrits ont été rétrogradés en année inférieure."

Au-delà de l’Université Félix Houphouët Boigny, c’est tout le système éducatif ivoirien qu’il faut reformer, selon certains observateurs. 

La rentrée scolaire est prévue pour ce 9 septembre. Quant aux nouveaux bacheliers, ils  attendent toujours leurs orientations.