Plainte contre les firmes américaines : la société civile blâme également l′Etat congolais | Afrique | DW | 17.12.2019
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Afrique

Plainte contre les firmes américaines : la société civile blâme également l'Etat congolais

IRAdvocates qui représente 14 plaignants congolais accusent des firmes américaines d’avoir aidé et encouragé les abus contre des enfants travaillant dans les mines artisanales de cobalt en RDC.

Écouter l'audio 02:09

"C’est l’Etat qui devrait agir à travers ses services compétents" (Georges Kapiamba)

Les firmes américaines concernées sont en autre Google, Microsoft, Tesla et Dell. Mais la société civile en RDC pointe du doigt également le gouvernement congolais qui devrait selon la société civile se rassurer que l’extraction minière respecte les droits humains.

IRAdvocates, une coalition d'avocats affirme avoir en sa possession des preuves que des enfants congolais ont été victimes d’une exploitation économique dans les mines de cobalt appartenant à des fournisseurs de pièces de batteries qu’utilisent le constructeur automobile Tesla et les autres géants américains comme Apple, Microsoft, Dell et Alphabet.

Indignation des défenseurs des droits humains

Pour le président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice, il ne peut  être toléré que des enfants et des femmes puissent être exploités de cette manière dans des mines. Pour Georges Kapiamba les responsabilités sont partagées.

"C’est l’Etat qui devrait agir à travers ses services compétents. Mais ces derniers sont dirigés par des personnes qui sont pour la plupart corrompues et ils laissent faire cette situation. A un autre niveau, ce sont les exploitants eux-mêmes qui ne prennent pas de dispositions pour éviter que leurs produits résultants de cette exploitation ne soient entachés par ce genre d’activités immorales."

En mars 2018, le code minier congolais a été révisé. Celui de 2012 était jugé trop favorable aux entreprises étrangères. Le gouvernement congolais regrette la situation et affirme observer les règles en la matière. C’est ce qu’a réaffirmé Papy Pungu Lwamba, vice-ministre des ressources hydrauliques et électriques.

"Le gouvernement n’approuve pas que les enfants travaillent dans l’exploitation artisanale. Nous estimons que nous sommes respectueux de la loi. Le code minier a été révisé parce que nous voulions qu’au Congo, qui a une vocation minière, les conditions de travail dans le secteur minier soient assainies et qu’on puisse respecter les normes des droits humains. Nous sommes donc d’avis qu’il faut respecter les droits humains, respecter les normes dans l’exploitation des mines dans notre pays mais nous nous sommes aussi d’avis qu’il ne faut pas faire de fatwa. Nous avons un ministère des Droits humains et nous sollicitons que ce dialogue soit permanent pour éclaircir cette question et que les coupables soient punis conformément à la loi."

L'absence de l'Etat

Les autorités congolaises disent attendre d’être officiellement saisies par le gouvernement américain. Toutefois, il a déploré le fait que cette plainte a été déposée devant les juridictions américaines et non celles de la RDC.

En entendant de savoir si l’action collective sera acceptée par la Cour fédérale des Etats-Unis, le politologue congolais Mwayila Tshiyembe pense que même s’il n’y a aucune garantie qu’elle aboutisse, il était important de tirer la sonnette d’alarme

"Nous sommes encore au début de l’affaire. Au moins le fait que nous en parlions fait qu’il y a un pas qui a été franchi. Tout le monde doit connaître les malheurs de ces parents et de leurs enfants face à la capitulation du gouvernement congolais."

En 2018, la production congolaise de cobalt a atteint 44.500 tonnes contre 43.300  tonnes en 2017. La RDC est le premier producteur de cobalt au monde.

 

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