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Manifestants devant un feu de rue, le 16 novembre 2022, à Mahabad (Iran)
Depuis le décès de Mahsa Amini, les manifestations continuent en Iran. Elles sont réprimées dans le sang.Image : SalamPix/ABACA/picture alliance

L'Onu va enquêter sur la répression en Iran

Sandrine Blanchard | Avec agences
24 novembre 2022

Le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies a voté une résolution qui prévoit d'envoyer des experts indépendants enquêter sur la répression sanglante des manifestations en Iran depuis septembre.

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Au moins 14.000 personnes ont été arrêtées en Iran depuis le début des manifestations anti-pouvoir en septembre. Des chiffres avancés par le chef du Conseil des droits de l'homme, Volker Türk, qui appelle à ce que cesse cette répression sanglante qui a coûté la vie à près de 400 personnes, dont des dizaines d'enfants. Sous l'impulsion notamment de l'Allemagne, le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, qui est la plus haute instance de l'Onu en matière de droits humains, s'est réuni en urgence. Et il a décidé de diligenter une enquête internationale sur place.

Volker Türk, le nouveau Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme
Volker Türk, le nouveau Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, dénonce le recours excessif à la force par les autorités iraniennesImage : Martial Trezzini/KEYSTONE/picture alliance

Un usage disproportionné de la force 

"L'usage inutile et disproportionné de la force" envers les civils qui manifestent depuis deux mois inquiète Volker Türk, le chef du Conseil des droits de l'Homme qui a regretté :"J'ai proposé de me rendre en Iran et d'y renforcer notre présence – nous n'avons pas de bureau sur place. Mais jusqu'à présent, je n'ai pas obtenu de réponse."

 

Le bilan, encore provisoire, de la répression ces deux derniers mois, dressé par une ONG basée en Norvège, Iran Human Rights, fait état d'au moins 416 morts, dont 51 enfants.

Le mouvement avait commencé suite au décès de Mahsa Amini, une jeune femme morte après son interpellation par la police des mœurs.

Khadijeh Karimi lors de la séance au Conseil des droits de l'Homme
Khadijeh Karimi lors de la séance au Conseil des droits de l'HommeImage : Martial Trezzini/KEYSTONE/dpa/picture alliance

La version officielle

Khadijeh Karim, adjointe du vice-président chargé des affaires féminines et familiales de la République islamique d'Iran, a donné la version des autorités iraniennes :

"Après le décès malheureux de Mme Mahsa Amini, les mesures nécessaires ont été prises, notamment la formation rapide d'une commission d'enquête parlementaire indépendante et d'une équipe de médecins légistes. Cependant, avant l'annonce officielle de l'analyse de l'enquête, la réaction partiale et hâtive d'un certain nombre d'autorités occidentales et leurs interventions dans les affaires intérieures de l'Iran ont transformé les rassemblements pacifiques en émeutes et en violence, préparant le terrain pour des attaques terroristes dans plusieurs villes."

Le ministre iranien des Affaires étrangères a tweeté récemment que les Etats-Unis et l'Europe, avec leur "longue histoire de colonialisme et de violation des droits de l'Homme d'autres nations", ne peuvent "prétendre être des défenseurs des droits humains"

Le chef de la diplomatie iranienne a également réagi aux propos de son homologue allemande et averti que la réponse de son pays aux "positions provocatrices, interventionnistes et non diplomatiques" de l'Allemagne serait "proportionnée et ferme".

Annalena Baerbock durant la réunion du Conseil des droits de l'Homme
La cheffe de la diplomatie allemande a porté, avec l'Islande, la résolution votée par le Conseil des droits de l'Homme pour diligenter une enquête indépendanteImage : Thomas Koehler/photothek/picture alliance

L'Allemagne a porté la résolution

L'Allemagne est l'un des pays à l'initiative de la résolution adoptée par le Conseil. La cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock, souhaite la mise en place d'un mécanisme indépendant et impartial des Nations unies pour enquêter "car l'impunité empêche la justice. La justice pour les sœurs. La justice pour les fils. La justice pour les mères."

La résolution a été adoptée cet après-midi [24.11.22] à Genève par 25 votes pour, six contre et 16 abstentions.