Nucléaire iranien : quel choix pour l′Europe ? | International | DW | 08.05.2018
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International

Nucléaire iranien : quel choix pour l'Europe ?

Alors que le président des Etats-Unis Donald Trump considère le "Plan d'action conjoint" comme un mauvais accord, les partenaires européens de l'Iran veulent maintenir leur coopération. Mais de quelle façon ?

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Sascha Lohmann : "Ce sera difficile de proposer une alternative substantielle à l'Iran"

Donald Trump a finalement annoncé le retrait de son pays de l'accord sur le nucléaire iranien. Le président américain a plusieurs fois menacé de sortir du "Plan d'action conjoint", qu'il considère comme étant le plus mauvais accord qui ait jamais existé. L'Iran selon lui, ne respecte pas cet accord signé par son prédécesseur Barack Obama. Pourtant, les Etats européens cosignataires ont jusqu'ici réaffirmé leur intention de maintenir la coopération avec Téhéran. Aucun détail cependant sur la manière dont l'Europe envisage de contourner le retrait des Etats-Unis.

L'Europe n'a pas de plan B

Le président français Emmanuel Macron l'a encore réaffirmé durant un récent séjour aux Etats-Unis. Mais les experts s'interrogent sur les alternatives possibles.

L'accord de Vienne sur le programme nucléaire iranien, désigné en Français "Plan d'action conjoint" est un document de 159 pages contenant de nombreux détails techniques. Celui-ci prévoit principalement que l'Iran limite son programme nucléaire soumis dès lors à un régime de contrôle étroit, en contrepartie de la levée des sanctions économiques.

L'Iran peut donc vendre son pétrole et d'autres sources d'énergie à l'Europe en échange de sa coopération. Mais le retrait des Etats-Unis fragilise indirectement les activités commerciales européennes avec l'Iran et les Européens doivent donc réfléchir à des alternatives.

C'est pourquoi, Ellie Geranmayeh, experte au centre d'analyse "Conseil européen des relations extérieures" estime que "l'objectif des Européens doit être d'amener l'Iran à s'en tenir à certains des éléments clés de l'accord en échange de certains avantages économiques. Et d'abord et avant tout, il faut que les importations européennes de pétrole en provenance d'Iran puissent continuer. Parce que si cela n'est pas en mesure de continuer à cause de la réintroduction des sanctions des États-Unis, il va y avoir un choc pour l'économie iranienne."

L'Europe pour le maintien de l'accord

Les Etats européens ont réaffirmé leur intention de rester dans l'accord malgré un retrait des Etats-Unis. Plusieurs sources indiquent que les partenaires européens de l'Iran - c'est-à-dire la France, la Grande Bretagne et l'Allemagne - ont un plan B pour pouvoir contourner les effets de la décision de Donald Trump.

Neysan Rafati, expert à l'International crisis group, suggère par exemple que les Etats européens s'entendent pour aider leurs entreprises à maintenir leurs activités commerciales avec l'Iran. "Il existe ce mécanisme en Italie et en France où les institutions financières publiques appuient les entreprises locales et les encouragent à investir en Iran dans des secteurs autorisés par l'accord. Ce que nous proposons est que l'on s'inspire de telles initiatives pour développer une réponse commune au niveau étatique ou à l'échelle de l'Union européenne", indique-t-il.

 

Une situation inconfortable

Neysan Rafati espère qu'ainsi, l'Iran se verrait encouragé à ne pas remettre en cause l'accord. Mais cette approche ne convainc pas l'universitaire américain Sascha Lohmann. "Vu le rapport de force asymétrique entre les Etats-Unis et les entreprises européennes, ce sera difficile de proposer une alternative substantielle à l'Iran. Car on ne pourra pas obliger les banques à poursuivre certaines activités avec Téhéran. Elles auront toujours tendance à s'aligner sur les sanctions américaines tant qu'elles utilisent le dollar et opèrent selon le droit américain", explique-t-il.

En clair, le retrait des Etats-Unis met les partenaires européens dans une situation pour le moins inconfortable, d'autant plus qu'ils n'ont pas le contrôle de leurs propres entreprises.

Ainsi, plusieurs institutions financières européennes qui n'ont pas respecté de précédentes sanctions américaines contre l'Iran se sont vues contraintes de payer de lourdes pénalités.

 

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