Niger : dix ans après son renversement, Mamadou Tandja a toujours des soutiens | Afrique | DW | 18.02.2020
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Afrique

Niger : dix ans après son renversement, Mamadou Tandja a toujours des soutiens

Mamadou Tandja a été renversé par l’armée le 18 février 2010. Ce troisième putsch, depuis la conférence nationale du 29 juillet 1991, a mis fin aux velléités de l’ancien président de vouloir se maintenir au pouvoir.

Écouter l'audio 03:39

"Le départ de Mamadou Tanja a été négatif pour le Niger" (Tamboura Issoufou)

"Nous, forces de défense et de sécurité avons décidé de prendre nos responsabilité en mettant fin à la situation politique tendue que vous connaissez déjà. Le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie, le CSRD, dont je suis le porte-parole, a décidé de suspendre la constitution de la VIe République et de dissoudre toutes les institutions qui en sont issues".

Par ce communiqué, lu par le colonel Abdoulkarim Goukoye, l’armée informait la population et la communauté internationale sur ce qui venait de se passer ce 18 février 2010 à Niamey, la capitale du Niger.

Vers midi, des coups de feu retentissaient dans les environs du palais présidentiel où le président Mamadou Tandja présidait le traditionnel conseil des ministres.

Le Général Salou Djibo (au centre) est l'auteur du coup d'état de février 2011 au Niger

Le Général Salou Djibo (au centre) est l'auteur du coup d'état de février 2011 au Niger

L’irruption de l’armée sur la scène politique faisait suite à la décision de mise en place d’une nouvelle Constitution, la sixième au Niger.

A la tête des putschistes : le commandant de la Compagnie d’appui, chef d’escadron à l’époque des faits, Salou Djibo.

Pas de regrets

Dix ans après ce coup d’état militaire, certains des compagnons politiques de Mamadou Tandja sont toujours convaincus que l’ancien président n’avait pas commis une erreur en s’accrochant au pouvoir.

"Djibo salou a été utilisé par des forces impérialistes mais aussi par des politiciens pour qui seuls comptent leurs intérêts égoïstes. Ils ont dit que Tandja a violé la constitution mais c’est faux. Parce que s’il avait violé la constitution, ils auraient dû le juger lorsqu’ils ont pris le pouvoir", regrette Issoufou Tamboura, compagnon politique du président Mamadou Tandja.

Refondation de l’État

Arrivé au terme de ses deux mandats présidentiels, Mamadou Tandja avait proposé, à la faveur d’un mouvement pour la refondation de la République, un projet de Constitution par référendum qui lui accordait une prolongation de trois ans.

Un projet qui avait été contesté par l’opposition politique et la société civile.

Nouhou Arzika, un des acteurs de la société civile du Niger

Nouhou Arzika, un des acteurs de la société civile du Niger

 "En fait, l’idée de la refondation qui consistait à revoir le contenu de la Constitution, à repenser un certain nombre de choses, pratiquement personne ne le conteste. La chose que les gens contestent, c’était l’idée que Tandja aurait pu rester au pouvoir", affirme Nouhou  Mahamadou Arzika, le président du mouvement pour la promotion de la citoyenneté. Il a été l'un  des initiateurs du projet de refondation de la République.

Bilan négatif pour le Niger

Pour Tamboura Issoufou, le départ de l’ancien président a été négatif pour le pays.  "Il faut que les Nigériens comprennent qu’effectivement le coup d’Etat de Salou Djibo, un coup d’Etat d’une fraction de l’armée, a été une catastrophe dans la marche de ce pays. Les trois ans auraient permis non seulement de réaliser de grands projets, mais de faire émerger d’autres Nigériens compétents pour prendre en main la destinée du pays", soutient-il.

Dix ans après, Nouhou Mahamadou Arzika estime que la classe politique actuelle n’a pas tiré les leçons du coup d’Etat militaire du 18 février 2010.

 "On voit bien qu’avec ce régime, les responsables politiques ont un respect sélectif de la Constitution. Ils font ce qui les arrange. On sait ce qui se passe dans leur tête, ce n’est que du désidérata qui n’est pas constitutionnel, qui n’est pas légal et c’est comme si on tombait sous un régime d’exception", constate-il.

 À l’aube des élections générales de 2020 et 2021, dont le processus est boycotté par l’opposition, beaucoup d’observateurs redoutent que la dégradation de la situation sécuritaire soit instrumentalisée par le pouvoir en place à son profit.

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