Mohamed Bazoum : ″Il faut débloquer ces fonds du FMI″ | Afrique | DW | 20.05.2021
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Afrique

Mohamed Bazoum : "Il faut débloquer ces fonds du FMI"

Dans cette interview à la DW, Mohamed Bazoum, le président de la République du Niger, revient sur les avancées obtenues à la conférence de Paris et ses priorités en termes d'investissements.

Mohamed Bazoum a pris ses fonctions de président de la République du Niger en avril dernier. Il se félicite de l'initiative de la France de réunir les chefs d'Etats africains à un sommet sur les économies africaines et s'en explique dans cette interview accordée à notre confrère Abdoulaye Mamane du service haoussa de la DW.

DW : Mardi, vous avez participé au sommet de Paris sur le financement des économies africaines avec vos homologues africains en quête de financements pour faire face à la pandémie de Covid-19. Quelle importance revêt ce sommet ?

Ce sommet est l'initiative du président français Emmanuel Macron, réunissant plusieurs présidents africains, les bailleurs de fonds, la Banque mondiale, le FMI, l'OMC, la BAD, ainsi que les grandes institutions internationales pour prendre des mesures face à la pandémie de Covid-19.

Le coronavirus n'a pas épargné le Niger

Le coronavirus n'a pas épargné le Niger

Cette pandémie, même si elle n'a pas eu une prévalence aussi nocive sur le continent africain qu'en Europe et ailleurs dans le monde, a eu des effets économiques graves sur la partie la plus vulnérable de l'Afrique.

Certains pays les plus touchés, riches, comme la Chine, ont les moyens financiers de résoudre leurs problèmes économiques en utilisant leurs ressources économiques énormes.

Malheureusement, les pays africains ne seront pas en mesure de résoudre tous les dégâts causés par la Covid. Nous souhaitons alors ouvrir un programme qui permet d'établir un diagnostic afin de proposer une thérapie en matière de financement pour la relance post-pandémie.

Nous avons de grands projets avec les droit de tirage spéciaux du FMI

"Nous avons de grands projets avec les droit de tirage spéciaux du FMI"

>>> Lire aussi : Niger : les raisons de la montée des attaques armées

La première de chose que nous avons décidée, c'est de donner l'autorisation intégrale de brevet pour nous permettre, à nous les pays africains, de bien nous soigner contre le coronavirus. D'ores et déjà l'Afrique du sud, le Sénégal et le Rwanda ont manifesté leurs ambitions de fabriquer des vaccins.

La deuxième chose, il y a de l'argent au FMI (les droit de tirage spéciaux) qui servent de réserves, et nous pouvons faire recours à ces DTS qui nous sont destinés à hauteur de 34 milliards de dollar.

Il faut débloquer ces fonds du FMI (DTS) qui sont le réservoir des 34 pays africains, cela permettrait de régler en partie nos problèmes. Nous plaidons auprès des pays riches en faveur d'une réallocation de DTS en faveur de nos pays.

La France, le Portugal, ainsi que certains pays qui ont assisté à ce sommet sont d'accord pour une réallocation de leur DTS. On espère que la Chine et les Etats-unis seront eux aussi d'accord.

DW : Quel l'intérêt le Niger tirerait-il de cette réallocation ?

Nous comptons réaliser de grands projets avec nos DTS. Il s'agit notamment de la construction des routes, d'améliorer la qualité de notre système sanitaire, de promouvoir l'éducation qui est l'une des priorités de mon programme, en construisant des internats pour jeunes filles dans les collèges ruraux afin de les maintenir longtemps à l'école et de leur éviter le mariage précoce.

Nous allons fournir à nos systèmes de gouvernance toutes les garanties nécessaires

L'une des priorités affichées par Mohamed Bazoum : l'éducation et surtout la scolarisation des filles

L'une des priorités affichées par Mohamed Bazoum : l'éducation et surtout la scolarisation des filles

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DW : Pourquoi insistez-vous sur l'éducation ?

Il y a dix ans de cela, notre parti a beaucoup investi sur ce plan. Pour un changement radical, il faut une bonne éducation.

Dans un pays comme le nôtre, les jeunes ont besoin d'une formation en éducation, cela leurs permettrait de mieux investir dans plusieurs domaines.

Les jeunes filles entre 12 ou 13 ans ont tendance à être abandonnés sur le chemin de l'école. Et une fois déscolarisées, elles sont souvent données en mariage.>>> Lire aussi : Niger : Ce que le président Mohamed Bazoum doit faire en priorité

DW : Qu'en est-il du taux d'investissement réservé à l'éducation dans votre programme ?

Le budget est énorme, et ce taux sera à la hausse, nous ferons des efforts ainsi que les bailleurs de fond qui nous ont promis d'un accompagnement permanent, et nous ne craignons pas d'investir dans l'éducation, parce que cela reste la base fondamentale dans un pays pour son développement.