Marthe Wandou, lauréate 2021 du Nobel alternatif, le Prix Right Livelihood | Droits et libertés | DW | 02.10.2021
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Droits et libertés

Marthe Wandou, lauréate 2021 du Nobel alternatif, le Prix Right Livelihood

Entretien avec la Camerounaise Marthe Wandou qui œuvre depuis trente ans à améliorer la condition féminine dans l'Extrême-Nord.

Écouter l'audio 12:30

Marthe Wandou  fait partie des lauréats 2021 du "Prix Nobel alternatif", le Prix Right Livelihood. Cette Camerounaise œuvre depuis une trentaine d'années dans la région de l'Extrême-Nord par le biais de son association, l'ALDEPA, pour améliorer le dialogue au sein de la communauté, pour permettre que les différentes catégories de population puissent s'exprimer.

L'ALDEPA  propose de nombreux programmes pour améliorer les coditions de vie et les droits des femmes et des jeunes filles (scolarisation, aide juridique et psychosociale en cas de violences subies etc.).

Ce travail qui va à l'encontre de nombreux tabous et nécessite une approche patiente des responsables communautaires et religieux, des parents des jeunes filles. Et ce travail a été rendu plus ardu encore par l'apparition du conflit anglophone il y a cinq ans, au Cameroun, alors que l'Extrême-Nord était déjà frappé par Boko Haram. 

Marthe Wandou et l'ALDEPA proposent de nombreuses formations aux communautés de la région

Marthe Wandou et l'ALDEPA proposent de nombreuses formations aux communautés de la région

Interview avec Marthe Wandou (extrait)

DW : Ces jours marquent les cinq ans du début de la "crise anglophone" au Cameroun. Ces violences ont-elles eu un impact sur vos activités ?

Bien sûr, la crise anglophone a eu un impact sur notre travail et je dois dire que je travaille dans le contexte de l'Extrême-Nord qui est aussi affecté par la crise Boko Haram. Donc, il y a de grands défis à relever par rapport aux besoins à couvrir pour des personnes en détresse, les personnes déplacées internes, surtout. Mais au niveau des partenaires aussi, ceux qui soutiennent les activités de l'urgence humanitaire, il y a eu des difficultés.

Voir la vidéo 26:36

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Ils ont aussi dû faire face à cette crise et ils ont dû partager les ressources qui étaient prévues pour l'Extrême-Nord aussi avec le Noso (Nord-Ouest, Sud-Ouest, où des mouvements séparatistes armés anglophones réclament davantage d’autonomie voire l’indépendance de leurs région, ndlr). Sans oublier la crise centrafricaine qui est aussi là. Dans l'Extrême-Nord, nous recevons aussi des personnes déplacées internes qui viennent du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des familles, mais surtout des étudiants et des jeunes qui sont à la recherche de la vie. Les impacts sont là.

DW : En général, lors des conflits armés, les femmes et les jeunes filles font partie des premières victimes…

Pour parler de Boko Haram, nous avons réalisé une étude en 2008 sur la situation des femmes et des filles dans cette crise. Et il y a vraiment des horreurs. Il y a des femmes qui ont vu leurs époux et leurs enfants tués devant elles. Des femmes aussi ont été utilisées comme esclaves sexuelles parce qu'il y en a qui ont été emmenées de force et qui ont vécu avec Boko Haram.

Il y en a qui ont été violées, mais aussi il y a plusieurs femmes qui ont vécu avec Boko Haram parce que leur époux leur a demandé de les suivre. Quand elles reviennent, ce sont des personnes assez traumatisées, parfois avec une grossesse ou avec un enfant. Le père, elles ne sont pas près de le revoir. Et d'ailleurs, même si elles le revoient, elles n'ont jamais choisi d’être son partenaire.

Droits et Libertés est une émission préparée, produite et présentée par Sandrine Blanchard
Avec un merci cette semaine à Marthe Wandou, lauréate 2021 du Prix Nobel alternatif et merci à la Fondation Right Livelihood d'avoir établi le contact.

 

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