Mali : les grins d′espoir | Afrique | DW | 19.09.2020
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Afrique

Mali : les grins d'espoir

Le futur du Mali ne se discute pas seulement dans les grandes réunions et conférences officielles. Reportage dans les grins de Bamako.

Boire du thé et discuter : les grins sont des laboratoires d'opinions

Boire du thé et discuter : les grins sont des laboratoires d'opinions

Au Mali, un mois jour pour jour après le renversement du pouvoir d’Ibrahim Boubacar Keïta, les militaires du CNSP contrôlent toujours le pays. Le 18 août dernier, ceux-ci ont transformé ce qui était au départ une simple mutinerie en un coup de force avec l’arrestation du chef de l’Etat, de son premier ministre, du président de l’Assemblée nationale et d’autres personnalités civiles et militaires.

A l’heure du bilan,le pays se cherche toujours un président et des organes de transition. Le sujet fait l’objet de nombreuses discussions dans les grins, ces lieux de regroupement autour du thé.

Mahamadou Kane, notre correspondant à Bamako, s’est rendu dans un grin de la capitale malienne, celui de de Van Moorison dans le quartier Darsalam. En commune III du district de Bamako, il ne désemplit pas. Les membres du grin y font quotidiennement une sorte de « revue de presse » autour des différents sujets de l’actualité locale et internationale.

Écouter l'audio 01:46

Transition et thé à Bamako : écoutez notre reportage dans les grins de la capitale

Au moment de notre passage, ce n’est pas la politique mais l’année scolaire, sauvée de justesse au Mali, qui était au centre des discussions.

"Nos hommes politiques ont montré leurs limites"

Malgré tout, Souleymane s’intéresse bien entendu à l’après IBK et à la prise de pouvoir par les militaires.   

"L’expérience nous l’a montré en Guinée avec Moussa Dadis Camara qui a pris le pouvoir par les armes, mais quelqu’un d’autre l’a renversé. Au Mali, avec ATT (Amadou Toumani Touré ndlr), c’était la même chose. Je crois que les militaires du CNSP (Comité national pour le salut du peuple ndlr) ont pris leurs responsabilités, maintenant ils doivent laisser les civils diriger le Mali."

 "Moi je crois que cette transition doit être une transition pour tous. Le CNSP est là pour maintenir un certain équilibre." 

Ousmane est visiblement loin de partager l’avis de son ami Souleymane :  

"Nos hommes politiques ont montré leurs limites dans la gestion du pays. Et si jamais on devait s’en remettre à ces politiques pour mettre en place un collège afin de désigner les membres des organes de transition, nous n’arriverions pas à nous en sortir."

People et ragots

Bocoum préfère pour sa part parler d’autre chose que de politique. Celui-ci s’intéresse plutôt à l’actualité people et les frasques de la star mondiale de la kora, Sidiki Diabaté.

Car en fin de compte, le débat autour de la transition ne passionne pas tant que ça. Ce qui compte avant tout c’est le retour à la normalité.

"Tout le monde souhaite que le pays soit stable afin que nous puissions avoir un bon président et un bon premier ministre."

Certains membres du grin comme Ousmane tentent de forcer Van, le leader du grin, à donner sa position. Mais l’intéressé s’est abstenu de nous dévoiler ses opinions, comme pour afficher sa neutralité. « Une fausse neutralité », rétorque Ousmane. 

 La scène a provoqué des fous rires dans le grin.