Mali: les femmes appellent au dialogue après les massacres | Afrique | DW | 19.06.2019
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Afrique

Mali: les femmes appellent au dialogue après les massacres

Après les nouvelles attaques de villages dogons qui ont fait 38 morts, plusieurs femmes appellent à l’apaisement.

Écouter l'audio 02:09

"Il faut d'abord protéger la population" (Fatouma Harber)

Plusieurs témoins joints sur place ont confirmé l’exaspération des populations des villages de Gangafani et de Yoro, attaqués lundi dernier le 17 juin. Face à la recrudescence de ces attaques meurtrières, Fatouma Harber, enseignante et militante des droits de l'homme, propose de rétablir le dialogue entre les deux communautés :

"Il faut d'abord un redéploiement militaire pour protéger la population. Ensuite, on doit regarder le conflit de plus près pour savoir de quoi il s'agit. Est-ce que c'est intercommunautaire? Puis il faut chercher à résoudre le conflit par le dialogue."

Lutter contre la circulation des armes

La présidente de l'Association des femmes pour les initiatives de paix invite les autorités maliennes à s’intéresser aux causes profondes du problème.

D’après Fatoumata Maiga, "ce qu'il y a lieu de faire, c'est de  mobiliser la population, de conscientiser la population. Les terroristes profitent de la situation. Quand il y a une petite faille, ils s'engouffrent. Il faut qu'il y ait véritablement une politique des frontières pour contrôler les mouvements, mais aussi désarmer systématiquement toutes les personnes qui ont des armes. On ne va pas transformer le Mali en Rwanda. Ça, on ne va pas le permettre."

Écouter l'audio 11:01

Fatoumata Maiga : "On ne va pas transformer le Mali en Rwanda"

Au cours de l’interview qu’elle nous a accordée, Fatoumata Maiga a indiqué qu’elle était d’origine peule, quoiqu’issue du nord du Mali.

Selon elle, les causes de ces violences ne sont "pas dues aux rivalités Peuls-Dogons qui sont liés en dépit des rivalités". Pour elle, il n'y a pas de villages peuls et de villages dogons. Il y a des Dogons et des Peuls qui vivent ensemble dans chaque village.

Les violences qui déchirent cette région depuis quatre ans ont culminé avec le massacre le 23 mars, attribué à des chasseurs dogons, de 160 Peuls dans le village d'Ogossagou, près de la frontière avec le Burkina Faso.

Le 9 juin, l’attaque d’un autre village Dogon proche de Bandiagara a fait 35 morts, dont 24 enfants. Des sources indépendantes font état d’au moins 95 morts et 19 disparus.

Terroristes

Les auteurs de ces attaques "sont des terroristes parce qu'ils ont tué et éventré certains corps et brûlé des greniers. En quittant (le village), ils scandaient Allah akbar" (Dieu est le plus grand, en arabe), a déclaré à l'AFP le conseiller communal à Dinagourou Goundjou Poudiougou. Il indique avoir  avoir compté "une dizaine de corps" dans les deux villages.


Selon Adama Dionko, porte-parole du Collectif des associations du pays dogon, "c'était la même chose qu'à Sobane Da : des personnes, des biens et des animaux ont étés ciblés. Ce sont des terroristes, des criminels. Nous demandons à l'Etat plus de sécurité. Au président IBK (Ibrahim Boubacar Keïta, ndrl) de respecter sa parole".

Rappelons que lors d'un déplacement à Sobane Da le 13 juin, le président malien a promis la confiscation des armes illicites dans la région, mettant en garde les jeunes contre la tentation de "s'enrôler dans une quelconque milice".

 "Il n'y a aucun conflit interethnique" dans le centre du Mali, a-t-il assuré, évoquant "une excroissance de ce que nous avons vécu dans le Nord, et de ce que nous vivons encore dans le Nord" a expliqué le président malien.

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