L′urgence alimentaire décrétée au Tchad | Afrique | DW | 03.06.2022
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Afrique

L'urgence alimentaire décrétée au Tchad

Le gouvernement tchadien appelle à l'aide internationale face aux millions de personnes souffrant de la faim.

Marché à N'Djamena

Les prix sur les marchés ont parfois augmenté de plus de 30 %, voire 40 %

Le gouvernement tchadien a déclaré, via un décret paru jeudi 2 juin, l'urgence alimentaire et nutritionnelle. La situation sur ce point n'avait fait que s'aggraver ces derniers mois, en raison de la guerre en Ukraine et du blocus imposé par la Russie sur les céréales ukrainiennes. Avant déjà la situation était dramatique : selon les Nations Unies, en 2021, 5,5 millions de Tchadiens,avaient besoin d'une aide humanitaire d'urgence. "Le gouvernement fait appel à tous les acteurs nationaux et les partenaires internationaux à venir en aide aux populations", peut-on lire dans le décret signé par le chef de la junte au pouvoir, Mahamat Idriss Déby Itno. 

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"Trois-mille francs pour un repas de midi"

Sur place, les populations s'inquiètent. Au micro de la DW, dans le quartier Boutalbagar, dans la commune du septième arrondissement de la ville de N'Djamena, Cédric Toralta et Anne Non-Assoum confient leur inquiétude en rentrant du marché. Ils voient les prix des différents produits de première nécessité augmenter chaque jour. "Ici, c'est la viande pour mille-cinq-cents francs CFA, du riz pour mille francs et des condiments pour six-cents", montre Anne Non-Assoum. "Donc plus de trois-mille francs pour un repas de midi de quatre personnes, alors qu'avant c'était juste deux-mille francs CFA. D'habitude nous dépensons soixante-mille francs pour la nourriture mensuelle, mais maintenant même quatre-vingt-dix mille francs CFA ne nous suffisent pas". 

Interview → "La situation était prévisible" 

"Et les populations rurales ?"

Une famille tchadienne témoigne

Cédric Toralta raconte même qu'il est allé lui-même sur le marché pour voir les prix, il ne croyait pas ce que racontait sa femme ! "Malgré le fait d'augmenter de 30.000 francs notre ration alimentaire, on ne s'en sort pas", confie-il. Conséquence : la famille doit réduire sa quantité de nourriture journalière. "Il faut absolument une aide alimentaire à la population", reprend sa femme. "C'est une situation urgente. Si la population de la capitale à revenu moyen n'arrive pas à supporter cette situation, quelle sera la situation de la population rurale ?", interroge-t-elle.

Dans un rapport rendu public récemment, le Bureau de coordination de l'action humanitaire de l'Onu (Ocha) avait indiqué qu'au Tchad, un tiers de la population a besoin d'une aide humanitaire d'urgence.