L′OTAN en quête d′objectifs communs | Vu d′Allemagne | DW | 04.12.2019
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Vu d'Allemagne

L'OTAN en quête d'objectifs communs

Malgré la signature d'une déclaration finale, l'heure n'était pas à la fête au sommet des 70 ans de l'OTAN à Londres.

La photo de famille des chefs d'Etats et de gouvernements des pays membres de l'OTAN

La photo de famille des chefs d'Etats et de gouvernements des pays membres de l'OTAN

Le sourire crispé d'Emmanuel Macron face au regard indifférent et au visage fermé de Donald Trump. Voilà l'ambiance qui règne au sommet de l'Otan, capté par la photo en Une de la Süddeutsche Zeitung.

"Le choix des mots, les états des lieux et les menaces" planent "comme des nuages noirs au-dessus du sommet anniversaire de Londres, ajoute la Frankfurter Allgemeine Zeitung, pour qui le retour de flammes à la déclaration du président français sur la "mort cérébrale" de l'Otan n'est pas une surprise.

Voilà que même Donald Trump se met à défendre l'Alliance qu'il a pourtant si souvent critiquée.

"Malheureusement il s'est installé la mauvaise habitude de faire le calcul de qui profite le plus ou le moins de l'Otan. Trump estime, sans que l'on sache pourquoi, que la France est le pays qui en a le plus besoin et les Etats-Unis le moins. Cette vision est fausse. Elle ne saisit pas le pourquoi d'une alliance qui repose sur la sécurité partagée et la solidarité de ses membres."

Face à face tendu entre Emmanuel Macron et Donald Trump

Face à face tendu entre Emmanuel Macron et Donald Trump

Intérêts divergents

Pour l'autre journal de Francfort, la Frankfurter Rundschau, "les Européens doivent se serrer les coudes", alors que Trump suit ses propres intérêts et que la Turquie d'Erdogan a décidé "de s'éloigner de ses partenaires occidentaux, notamment avec l'offensive en Syrie contraire au droit international."

Dans cette cacophonie des intérêts, "les Européens ont un problème politique" et doivent "se mettre d'accord sur les objectifs et les moyens de les atteindre.

Il n'est par exemple pas possible que sur le front en Libye, on retrouve d'un côté la France et de l'autre l'Italie", alors que Paris et Rome semblent soutenir des leaders différents dans ce pays divisé en deux depuis la chute de Mouammar Kadhafi.

"Spectacle cynique"

De la politique internationale au Collectif pour la beauté politique. C'est le nom d'une association d'artistes qui fait à nouveau des vagues en Allemagne.

En cause, une fausse stèle exposée devant le Parlement à Berlin qui contiendrait des cendres de Juifs morts dans les camps de concentration, pour soi-disant dénoncer la main tendue des conservateurs allemands vers l'extrême droite.

La stèle du Collectif pour la beauté politique devant le Reichstag.

La stèle du "Collectif pour la beauté politique" devant le Reichstag.

Mais pour la Tageszeitung, c'est avant tout du mauvais goût, "un spectacle cynique" qui ne respecte pas les victimes de la Shoah et de leurs proches.

L'éditorialiste du journal raconte que sa famille a été tuée à Auschwitz. "Pour eux aussi nous n'avons pas de tombe. Mais le Collectif instrumentalise leur mémoire pour faire quelques gros titres."

Le groupe d'artistes fait régulièrement le buzz. En 2017, il avait installé la réplique du Mémorial aux Juifs assassinés d’Europe, construit à Berlin, devant la maison d'un des leaders du parti d’extrême droite AfD.

Cette fois c'est donc une stèle devant le Bundestag. Les réactions sont les mêmes. La Süddeutsche Zeitung parle d'un "spectacle désolant, certainement blessant pour les Juifs. Les artistes veulent provoquer, par tous les moyens, et ils y parviennent à chaque coup. Si l'absence d'empathie, le manque d'imagination tout comme le sensationnalisme sont couverts par la liberté artistique, cette action n'en est pas intelligente pour autant."

La stèle du Collectif pour la beauté politique devant le Reichstag.

La stèle du "Collectif pour la beauté politique" devant le Reichstag.