L′″hystérie climatique″ atteint la Bundesliga // L′Algarve, une région à découvrir hors saison | Vu d′Allemagne | DW | 15.01.2020
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Vu d'Allemagne

L'"hystérie climatique" atteint la Bundesliga // L'Algarve, une région à découvrir hors saison

"Klimahysterie" ou "hystérie climatique" : cette expression a été élue "non-mot" de l'année 2019 en Allemagne, où le débat sur la protection de l'environnement a occupé - et occupe encore - une large place. À propos d'environnement, le monde du football fait des efforts en la matière. // Au Portugal, 365 Algarve avec son programme culturel évite à la région de dépérir en hiver.

Écouter l'audio 16:31

On a souvent entendu l'expression "hystérie climatique" l'an dernier dans le débat politique. En particulier dans la bouche de responsables du parti d'extrême droite AfD qui entendaient discréditer le mouvement en faveur du climat porté, notamment, par les jeunes.

Un jury de linguistes de l'université technique de Darmstadt, dans l'Ouest de l'Allemagne, en a fait le "non-mot" de l'année 2019. Comme chaque année depuis 1991, l'objectif est d'attirer l'attention sur des expressions diffamatoires ou discriminatoires, bref des expressions contraires aux principes de la dignité humaine et de la démocratie. Parmi les candidats de cette édition figurait aussi la "dictature écolo"... on reste dans le même domaine!

Hystérie ou pas, le débat sur la protection du climat a bel et bien dominé l'espace public en 2019, et il continue de le faire en ce début d'année... notamment dans un domaine où on ne l'attend pas forcément : le football ! 

Le football, un sport polluant

Et pourtant... Avec des stades éclairés par de puissants projecteurs et aux pelouses chauffées (!), mais aussi le transport des équipes et des supporters ou les déchets après leur passage sur les gradins, le football est une activité polluante à bien des égards.

Cela fait déjà un moment que les clubs du championnat allemand de la Bundesliga font des efforts pour réduire leur pollution, mais il reste encore beaucoup à faire, explique Thomas Fischer, de l'association environnementale allemande Deutsche Umwelthilfe.

"Il y a principalement quatre domaines dans lesquels les clubs de la Bundesliga mettent en pratique des mesures de protection du climat : transport et émissions de CO2, déchets, eau et énergie. Beaucoup de clubs se facilitent la tâche en ne mettant en oeuvre que les choses qui ne requièrent pas de trop gros investissements, comme par exemple utiliser de l'électricité verte ou remplacer toutes les ampoules par des LED pour économiser de l'énergie. Mais il y a d'autres mesures moins évidentes à appliquer car elles touchent les infrastructures : la transformation des stades, avec des concepts de circulation intelligents pour l'arrivée des supporters ou des systèmes de consignes pour les boissons. Ce sont des choses qui sont difficiles pour beaucoup de clubs."

La plupart des stades ont déjà des panneaux solaires, mais il y a encore beaucoup d'autres mesures à mettre en place

La plupart des stades ont déjà des panneaux solaires, mais il y a encore beaucoup d'autres mesures à mettre en place

À chaque week-end de Bundesliga, les supporters produisent à eux seuls environ 7800 tonnes de CO2, selon l'agence environnementale CO2OL qui a réalisé une étude pour le compte de la radio publique Deutschlandfunk. 

Il faudrait planter 60.000 arbres pour compenser ces émissions polluantes et plus de deux millions pour toute la saison ! Sans compter l'empreinte carbone des équipes, qui sont généralement transportées en avion pour jouer les matches à l'extérieur...

Selon la Deutsche Umwelthilfe, il y a encore une grande marge de manœuvre pour faire du foot un sport plus vert. Longtemps, la protection du climat n'a pas été considérée comme une priorité. Et aujourd'hui encore, certains clubs recourent à des astuces pour remplir les objectifs environnementaux, regrette Thomas Fischer.

"Il faut garder un œil critique quand des clubs de la Bundesliga affirment leur neutralité climatique. Car pour y arriver, ils achètent des certificats climatiques. Bien sûr, on peut planter des arbres au Canada et apporter ainsi sa contribution à la protection du climat. Mais cela ne résout pas les problèmes là où les émissions ou les déchets sont produits. On devrait plutôt essayer de résoudre les problèmes sur place car la neutralité climatique suppose - et les supporters le comprennent ainsi - que les matchs soient organisés de manière à ne pas produire d'émissions polluantes. Or ce n'est pas le cas, elles sont quand même produites."

Quelques clubs sortent toutefois du lot, comme celui du Werder Brême qui a mis en place un concept de circulation "anti-voiture". Le SC Fribourg, lui, mise sur une action locale en faveur du climat. 

Bon pour le climat, le football peut aussi le devenir

Bon pour le climat, le football peut aussi le devenir

Le club coopère avec l'organisation WWF sur un projet de protection de la nature en Forêt noire, quasiment au pas de la porte. Des actions sont régulièrement organisées pour sensibiliser les enfants et les jeunes aux questions environnementales. Hanno Franck, directeur marketing du SC Fribourg, se félicite de voir son club engagé pour la défense du climat.

"Ce n'était pas le plan marketing intelligent. C'est surtout la persuasion dont les protagonistes ont fait preuve en disant : "Fribourg est une ville durable avec une image verte. En tant que club de football, nous devons nous impliquer dans cette histoire. À l'époque, on nous l'a d'ailleurs déconseillé. Nous avons eu des sociétés de conseil qui nous ont dit qu'on était beaucoup trop verts. C'étaient des cabinets de consultants du milieu des années 1990."

Les employés du club sont formés en conséquence. Et même si le club est considéré comme une sorte de leader du secteur avec ses 25 ans d'expérience, cela ne l'empêche pas de continuer d'apprendre et d'être ouvert à de nouvelles idées.

"J'ai récemment reçu des représentants du mouvement Fridays-for-Future. Il en est sorti des idées très originales car les jeunes observent des choses auxquelles on ne fait plus forcément attention. Ils trouvent certaines choses importantes, ils envoient un mail et cela donne des impulsions au club."

Une inspiration possible? Le club britannique Forest Green Rovers est le plus vert du monde

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Ces exemples positifs mériteraient d'être partagés avec d'autres clubs de football. En mars 2019, les 36 clubs de la Bundesliga se sont assis pour la première fois à une même table pour échanger sur les bonnes pratiques en faveur du climat. Mais l'association allemande de football DFL, qui gère la Bundesliga, n'a toujours pas d'interlocuteur désigné. Ce qui fait dire à Thomas Fischer, de la Deutsche Umwelthilfe, que le football allemand manque de stratégie dans ce domaine.

"La Bundesliga a besoin d'un concept global pour l'environnement. Il faudrait que la DFL désigne des personnes responsables de toutes les activités en faveur du climat de la Bundesliga. Il faudrait définir un objectif climatique à moyen terme. Il faudrait également fournir aux clubs des instructions et des directives pour qu'ils puissent plus facilement mettre en œuvre la protection de l'environnement et que tout le monde n'ait pas à faire des erreurs dont ils tirent des enseignements. La DFL doit jouer un rôle central dans la protection de l'environnement à la Bundesliga. On ne voit rien de cela à l'heure actuelle."

La Deutsche Umwelthilfe souhaiterait voir autant d'engagement de la part de l'association allemande de football dans la protection de l'environnement que dans l'attribution des licences et des droits de retransmission...

Sons recueillis par Andreas Sten-Ziemons

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