L′extrême-droite allemande, un air de déjà vu | Vu d′Allemagne | DW | 10.10.2018
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Vu d'Allemagne

L'extrême-droite allemande, un air de déjà vu

Le chef de l'AfD, Alexander Gauland, paraphrase Adolf Hitler, le parti d'extrême-droite appelle à dénoncer les enseignants s'ils enfreignent "l'obligation de neutralité" dans leurs cours. La presse commente.

Dénoncer des enseignants au nom de "l'obligation de neutralité", voilà ce qu'a imaginé l'AfD pour sa nouvelle plateforme mise en ligne à Hambourg et qui vise à être étendue à neuf autres régions.

Selon la Badische Zeitung, l'apprentissage de la démocratie implique que les enseignants ne fassent pas comme s'ils n'avaient pas d'opinion. Quels modèles seraient-ils donc ? 

Pour la Frankfurter Allgemeine Zeitung, le parti d'extrême-droite ne cherche pas à ôter l'idéologie de l'école, mais au contraire à politiser le cadre scolaire. Or la neutralité, prévient le journal, ne signifie pas de "laisser les enfants tomber dans les filets des démagogues".

Le quotidien Rheinpfalz n'en revient pas. Le parti d'extrême-droite, qui compte de nombreux militants en Allemagne de l'Est, a recours à des méthodes qui rappellent celles combattues par ces mêmes personnes en ex-RDA.

En proposant une plateforme pour dénoncer les professeurs, l'AfD ravive l'esprit de la Stasi, le tristement célèbre service de renseignement est-allemand.

Dans le Tagesspiegel, Alexander Gauland répond aux critiques qui fusent depuis qu'un internaute a relevé des similarités entre des passages d'une tribune parue récemment dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung et un discours prononcé en novembre 1933 par Adolf Hitler devant des ouvriers.

Dans sa tribune, le chef du parti d'extrême-droite AfD dénonçait les élites, selon lui une "clique mondialisée qui siège dans les entreprises [et grandes organisations] internationales, dans les médias, les start-ups, les universités, [...] et qui parce qu'elle contrôle les informations, donne le 'la' culturellement et politiquement".

La même rhétorique avait été employée par Hitler pour dénoncer les élites, qualifiées de "petite clique internationale déracinée qui attise la haine entre les peuples".

Alexander Gauland a assuré ne connaître aucun passage d'Adolf Hitler et selon le Tagesspiegel, on aurait tort de faire de lui un "bonsaï hitlérien". Ce serait à la fois banaliser Hitler et donner trop d'importance à Gauland.

Ce qui n'empêche pas d'analyser le contenu de son texte, poursuit le journal. Avec ses effets rhétoriques, Gauland essaie de dissimuler l'essence même de tout mouvement populiste : la mobilisation du ressentiment et des préjugés, couplée à un renoncement total de propositions pour améliorer les conditions de vie de ceux dont il prend si bien la défense en paroles. 

Le même Alexander Gauland avait fait récemment scandale en estimant que la période nazie avait l'importance d'une "fiente d'oiseau" dans l'histoire millénaire germanique. Des propos qui lui ont valu de vives critiques de la chancelière Angela Merkel. 

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