″Les toxicomanes ne sont pas des criminels″ | International | DW | 21.07.2010
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International

"Les toxicomanes ne sont pas des criminels"

Dans un texte intitulé la « Déclaration de Vienne » des scientifiques du monde entier ont réclamé la fin des politiques répressives afin d'aider les toxicomanes à avoir un meilleur accès aux soins contre le Sida

Dans un centre d'échanges de seringues à Vienne

Dans un centre d'échanges de seringues à Vienne

Le message de ce texte est qu'il faut décriminaliser l'usage des drogues, cesser de poursuivre, d'incarcérer et de stigmatiser les toxicomanes car cela nuit à la lutte contre le Sida. Cela contribue à marginaliser un peu plus ces populations qui ne peuvent plus user des précautions essentielles pour se protéger de la contamination.

Il faut rappeler qu'il y a environ 16 millions d'usagers de drogues par intraveineuse dans le monde : 20% d’entre eux sont séropositifs et seulement 10% ont accès à des programmes de prévention tels que l'échange d'aiguilles ou les traitements de substitution. Enfin, un peu moins de 400 000 toxicomanes dans le monde reçoivent un traitement contre le Sida. Ces chiffres ont été publiés hier par la revue britannique The Lancet. Face à ce constat, un certain nombre de scientifiques ont donc tiré la sonnette d'alarme à Vienne.

Peur de la police

La 18e conférence internationale sur le Sida se tient jusqu'à la fin de la semaine à Vienne

La 18e conférence internationale sur le Sida se tient jusqu'à la fin de la semaine à Vienne

Cesser de poursuivre pénalement ces populations fera en sorte qu’elles pourront échapper à la marginalité et à la misère pour être soignés, ou encore aidées à consommer leur drogue dans des conditions d'hygiène qui empêchent la transmission du virus du Sida. ´

Sur ce point, en Europe, la situation est particulièrement grave dans un pays comme la Russie où près de 40% des usagers de drogues par intraveineuses sont séropositifs - soit deux fois plus que la moyenne mondiale. "Les gens ont peur d'utiliser les services de santé », explique Ania Sarang, présidente de la Fondation Andrei Rilkov pour la santé et la justice sociale à Moscou. « Ils ont peur d'aller à l'hôpital tout simplement parce qu’ils ne veulent pas prendre le risque d'être arrêtés par la police. Bien sûr, dans cette atmosphère de terreur, il est impossible de mener à bien des traitements contre le virus du Sida ou des programmes de prévention. »

C'est donc le cœur du problème : arrêter de stigmatiser cette partie de la population sans quoi les services médicaux ne seront jamais en mesure de stopper tout à fait l'épidémie du Sida, laquelle se propage particulièrement vite dans des pays répressifs comme la Russie, la Chine ou la Malaisie.

Auteur : Jean-Michel Bos

Edition : Elisabeth Cadot

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