Les raisons de l′effondrement meurtrier d′un immeuble à Bamako | Afrique | DW | 03.09.2019
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Afrique

Les raisons de l'effondrement meurtrier d'un immeuble à Bamako

A Bamako, au Mali, un immeuble en construction s’est effondré le week-end dernier dans le quartier de Banconi, faisant 25 morts et 26 blessés. La construction n’avait pas été autorisée par les autorités administratives. 

Un immeuble de deux étages a laissé la place à un tas de gravats de deux mètres de haut. Dimanche matin, les habitants du quartier de Banconi Salembougou ont été réveillés par le fracas d’un immeuble qui s’effondrait à la verticale. 

C’est la première fois qu’un pareil accident survient dans ce quartier, selon Oumarou Togo, maire adjoint à la commune 1.  


"Je ne dirai pas que les maisons ne s’écroulent pas. Que cela soit les constructions en durs, en semi-durs ou en banco, cela tombe. Mais un effondrement qui entraine des pertes en vies humaines, c’est la première fois que cela arrive dans cette commune. Mais à l’échelle de Bamako, c’est arrivé plusieurs fois."

L’effondrement de l’immeuble en question a fait 25 victimes. Un bilan qui amène à se poser des questions sur la solidité de la construction. 

Selon plusieurs témoins sur place, la structure n’était pas suffisamment résistante pour accueillir les 80 personnes qui y résidaient. 

Kadra Keïta, le responsable du centre d’accueil des locataires de l’immeuble, revient sur les causes de l’incident. 


"On évoque plusieurs causes à cet effondrement. Certains disent que la maison n’était pas bien conçue et qu’elle ne respectait pas les règles. Je ne suis pas un professionnel en la matière, ni un technicien, mais plusieurs personnes pointent ce fait."

Mali, Bamako: Einsturz eines Wohnhauses (Getty Images/AFP/M. Cattani)

Les effondrements d'immeubles sont courants au Mali, où de nombreux bâtiments sont construits sans autorisation.

La construction ne respectait pas les règles

Si le propriétaire détenait un acte de propriété datant de 2004 délivré par la commune, en revanche les autorités administratives compétentes n’avaient jamais autorisé la construction du bâtiment. 

Un cas qui n’est pas rare selon Almaïmoune Ag Almoustapha, directeur de la direction nationale de l’urbanisme. 

"Il faut dire que ces dernières années, on a relevé des événements similaires. Surtout à Bamako. Et à chaque fois, les professionnels ne sont pas intervenus. C’était le cas dimanche. Apparemment, le propriétaire et le maçon décidaient seuls quoi faire. Voilà comment des drames comme celui-ci surviennent."

Le propriétaire a été arrêté après l'accident. Selon le code de réglementation de l’urbanisme, il pourrait encourir une peine d’emprisonnement de six mois à un an, et de 20.000 à un million de francs CFA d’amende. 

Mais la sentence pourrait être plus lourde, au regard des 25 personnes décédées dans l’accident.