Les origines des violences ethniques au Mali | Afrique | DW | 26.03.2019
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Afrique

Les origines des violences ethniques au Mali

L’ONU veut dépêcher une équipe d'enquêteurs après la tuerie perpétrée dans un village peul d'Ogossagou. Pour de nombreux observateurs, il ne s’agirait pas d’un conflit ethnique.

Écouter l'audio 06:02

"C'est un conflit instrumentalisé par les terroristes" (Boubacar Salif Traoré)

Le Mali n’a plus vécu une telle tragédie depuis l’assaut des djihadistes en 2013. Au moins 160 personnes ont été tuées samedi dans village peul d'Ogossagou dans le centre du pays.

Ces dernières années, les heurts sont devenus récurrents entre les peuls et les dogons.

Ces antagonismes sont aussi exacerbés par les activités du groupe djihadiste d’Amadou Koufa, qui est lui-même un Peul ce qui provoque des amalgames entre Peuls et djihadistes. Les Peuls sont souvent à tort soupçonnés de collusion avec les djihadistes par les Dogons. En raison notamment de la présence depuis 2015 dans le centre du Mali du mouvement armé du prédicateur radical peul Amadou Koufa, allié à plusieurs groupes islamistes.

"C'est un conflit partisan instrumentalisé par des groupes terroristes qui sont dans la zone, notamment la branche de la katiba du Macina dirigé par Amadou Koufa, qui a mis les Peuls en avant. En face, nous avons un groupe identifié par certains comme étant les chasseurs traditionnels Dozo, qui en réalité ne sont pas des Dozos. Parce que selon des témoins sur place, ces personnes-là parlent même une langue étrangère", soutient Boubacar Salif Traoré, spécialiste des questions de défense et de géopolitique.

Violences ethniques en Afrique

Ces violences sur fond ethnique existent également dans d’autres pays de la région. On peut citer les plus récents : les violences qui ont éclaté l’année dernière entre les membres de l’ethnie des Banunus et ceux des Batendés, dans l’Ouest de la RDC où encore les affrontements entre les agriculteurs bissas et les éleveurs peuls à Zabré au Burkina Faso.

Écouter l'audio 04:55

Bano Barry- (sociologue Guinéen) : "la question ethnique est facile à instrumentaliser lorsque l'Etat s'affaisse."

"La question ethnique devient relativement facile à instrumentaliser lorsque l'Etat s'affaisse. Cela ne demande ni de la réflexion, ni de l’imagination, ni de la démonstration. C'est le nous contre eux. Tous les peuples du monde appartiennent à des communautés, d'autant plus qu'il y a des éléments d'injustice qu'on peut montrer pour que les gens se sentent très concernés", explique Bano Barry, sociologue guinéen.

Selon Moctar Mariko, le président de l’Association malienne des droits de l’homme, les manipulations et les crises politiques sont autant de facteurs qui attisent les conflits inter-ethniques sur le contient.

Il cite le cas du génocide au Rwanda en 1994 ou bien  le conflit qui oppose les Oromos et les Amharas au régime Éthiopien.

Sans oublier les affrontements au Kenya entre les Kikuyus de l’actuel président Uhuru Kenyatta et les Luos, à laquelle appartient son principal opposant.

Audios et vidéos sur le sujet

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