Les espoirs déçus du Burkina Faso | Afrique | DW | 30.10.2019
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Afrique

Les espoirs déçus du Burkina Faso

Il y a cinq ans, Blaise Compaoré était forcé à la démission suite à une insurrection populaire. Aujourd'hui, le pays souffre toujours.

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Ecoutez le sujet de notre correspondant à Ouagadougou…

Le changement de régime a suscité de nombreux espoirs mais aujourd'hui, la déception est inversement proportionnelle aux attentes. Des secteurs stratégiques tels que la santé sont durement touchés et les syndicats dénoncent l’irresponsabilité des politiques.

L’insurrection n’aurait donc pas été la panacée tant souhaitée par les Burkinabè pour relever les grands défis de développement auxquels se trouve confronté le pays.

La reconduction des grèves des agents de la santé publique affiliés au Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTHSHA) est difficile à vivre par la population.

Une grève qu’approuve tout de même le secrétaire général de la Confédération générale du travail du Burkina Faso (CGT-B), Bassolma Bazié :

"Comment on peut couper le salaire d’une personne à plus de 80% et comment voulez-vous qu’il aille ensuite donner des soins et avec quoi? Voilà pourquoi nous disons que nous sommes gérés par des analphabètes. Ceux qui gèrent le pays, prennent un avion au moindre rhume pour aller se soigner à l’étranger."

La lutte contre le terrorisme permet de rassembler les Burkinabè

La lutte contre le terrorisme permet de rassembler les Burkinabè

Tous les secteurs sont touchés

Et pourtant, cette grogne des acteurs du secteur de la santé a causé la mort de nombreux Burkinabè faute d’assistance médicale. Le régime Kaboré n’est donc pas  épargné par les critiques de la population comme l'expliquent ces habitants de Ouagadougou. "Le secteur de l’éducation ça ne va pas, le secteur de la santé c'est pire, de même que le secteur de la sécurité, explique un habitant. Le secteur de l’économie non plus n’est pas épargné. Demandez aux commerçants comment vont leurs affaires et ils vous le diront." Pour une autre habitante, "on assiste également à la recrudescence de la fronde sociale. La seule chose qui fait la force du Burkina Faso aujourd’hui c’est la cohésion sociale."

Unité nationale

Le Burkina Faso tient sur pied du fait d’une relative cohésion sociale et a cependant mal à sa gouvernance, de l’avis de Bassolama Bazié. Pour lui, ces crises à répétitions post insurrection dans tous les secteurs d’activités seraient la résultante du non-respect de la parole donnée :

"Parce que s’il y avait une vraie stabilité cela permettrait de choisir des hommes bien éduqués qui savent ce que veut dire la parole donnée. Qui savent ce que veut dire le respect d’un engagement. De ce point de vue, on n'aurait pas des carcasses humaines au niveau de l’appareil d’État."

Partagés entre la satisfaction de leurs conditions de vie et de travail et le désir de voir le pays débarrassé des terroristes, les Burkinabè se mobilisent en multipliant les appels à l’unité nationale.

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