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Les attaques des groupes armés minent la riposte anti-Ebola

21 mai 2026

Dans l’est de la RDC, la riposte contre l'épidémie d’Ebola se heurte à une insécurité persistante. Des combats se poursuivent entre l’armée et l'AFC/M23. Il y a aussi un regain d'attaques des ADF.

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Un agent de santé revêtu d'une blouse et portant un masque de protection à point de contrôle contre l'épidémie d'Ebola (Archives - Goma, 20.05.2026)
L'OMS a déclenché une alerte sanitaire internationale pour faire face à la 17e flambée d'Ebola Image : Arlette Bashizi/REUTERS

Dans les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, les combats se poursuivent entre les forces gouvernementales, appuyées par la milice Wazalendo, et les rebelles de l’AFC-M23, soutenus par l’armée rwandaise. Des affrontements ont lieu ces derniers jours à Walikale et à Masisi dans le Nord-Kivu, ou encore à Mwenga, dans le Sud-Kivu.

Des agents de santé revêtent des équipements de protection dans un centre de traitement Ebola (Archives : Beni, 12.08.2018)
Selon l'Institut national de santé publique (INSP) congolais, le virus est déjà suspecté d'avoir fait 160 morts sur près de 671 cas probables Image : John Wessels/AFP

Par ailleurs, dans la province voisine de l’Ituri, les rebelles des Forces démocratiques alliées, les ADF, ont revendiqué une attaque qui a fait une dizaine de morts dans le territoire de Mambasa. 

La société civile redoute que la terreur imposée par les ADF aggrave la progression de l’épidémie d’Ebola.

La population est appelée à faire face à cette épidémie qui tue sans distinguer si on est rebelle ou pas", avertit Dieudonné Lossa Dekhana, le coordonnateur provincial de la société civile.

"Avec la situation des ADF, effectivement, le contrôle de cette maladie sera compliqué parce que tout le monde fuit dans n’importe quelle direction quand il y a une incursion des groupes armés”, ajoute-t-il.

Un accès limité aux zones de santé

Abdul Yunga Abedi, médecin-chef de la zone de santé de Mambasa, constate aussi qu’avec l’insécurité due aux attaques des ADF et des autres groupes armé actifs dans la région, la lutte contre l’épidémie est ralentie.

Vous savez, dans notre zone de santé, avec le contexte sécuritaire actuel, il va nous être vraiment difficile de gérer cette situation, bien que les mesures de prévention soient en train d’être renforcées. Il en est de même aussi pour la surveillance. Ça va être difficile parce que dans des situations pareilles, il faudrait avoir accès à tous les villages. Mais, maintenant, on ne peut pas accéder à tous les villages de notre zone de santé. Voilà ce qui nous inquiète,“ s'alarme le médecin.

Dieudonné L. Dekhana : "Tout le monde fuit dans n’importe quelle direction"

Une souche sans traitement ni vaccin disponible

De son côté, George Muno Fanda, conseiller communal de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, se préoccupe de ce double péril sur la population.

La population de la ville de Bunia et celle de l’Ituri en général se pose des questions avec beaucoup d’inquiétudes. Si nous sommes tués par les ADF et que l’épidémie à virus Ebola s’ajoute encore, au juste, qu’allons-nous faire et combien de personnes resteront vivantes dans cette province ?“, s'interroge cet élu local.

La souche Bundibugyo est responsable de l’épidémie d’Ebola en cours de propagation. Une souche pour laquelle aucun vaccin ni traitement n’est disponible pour l’instant.

Vue d'une artère très empruntée de Kinshasa
Jean-Noël Ba-Mweze Correspondant à Kinshasa en RDC pour le programme francophone de la Deutsche Welle@ba_mweze