Les adeptes d′Eusébie expulsés du Rwanda | Afrique | DW | 06.04.2018
  1. Inhalt
  2. Navigation
  3. Weitere Inhalte
  4. Metanavigation
  5. Suche
  6. Choose from 30 Languages

Afrique

Les adeptes d'Eusébie expulsés du Rwanda

1.604 réfugiés burundais ont été expulsés du Rwanda, officiellement pour avoir refusé leur enregistrement biométrique ainsi que toute forme de soins médicaux. Ils sont tous fidèles d'Eusébie.

Écouter l'audio 02:05
Now live
02:05 min

"Notre chauffeur c'est la vierge Marie"( Isidore Ntawe,adepte d'Eusébie)

La secte nommée "Adeptes d'Eusébie" est dirigée depuis sa création, fin 2010, par Eusébie Ngendakumana, une femme âgée de 30 ans. Chaque douzième jour du  mois, ses fidèles se rendaient à Businde pour prier la Vierge Marie. 

 

De nombreux adeptes venus d'autres pays des Grands Lacs

Le lieu a reçu la visite de nombreux adeptes venus également des pays voisins. Un public varié avec des hommes, des femmes et des enfants mais aussi des paysans comme des intellectuels.

L'affluence vers Businde a fini par inquiéter les leaders catholiques qui ont alerté la police. Des affrontements entre les fidèles de la secte et la police, le 12 mars 2013, ont fait cinq morts et trente blessés, suite à quoi le lieu de culte a été interdit. 

Au printemps 2015, des milliers d'entre eux ont fui vers la République démocratique du Congo avant de passer ensuite au Rwanda.

 

Après trois ans d'exil, Élie Ntunzwenimana et Isidore Ntawe ont conservé leur foi. "La foi est un don de Dieu. Quand on a déjà acquis la lumière, on ne peut plus choisir les ténèbres. Mieux vaut mourir dans la foi. Nous ne violerons jamais la loi divine."

"Les gens de Businde nous sommes comme une voiture qui a son chauffeur et qui la conduit où il veut. Notre chauffeur c'est la vierge Marie. Elle nous conduit où elle veut, on applique à la lettre et on ne change pas," explique les deux hommes.

Secte ou contre pouvoir?

En interdisant le culte, l’Église catholique accusait les fidèles de porter préjudice à l’unité de l’Eglise et à sa communion.

Les soupçonnant d'être politiquement engagés et après les avoir comparés au mouvement terroriste nigérian Boko Haram, le ministère de l’Intérieur burundais les a finalement autorisés à fonder une Église. Mais les fidèles d'Eusébie n'y ont pas cru.

"L'homme a été créé pour glorifier son dieu dans la prière. Nous voulons qu'on nous respecte dans notre dignité, que notre foi soit respectée. Si on veut nous contraindre à être en désaccord avec notre créateur, ça serait contre la loi. Or, la loi respecte l'homme dans tous les aspects de sa vie", explique Barthélemy Baranjoreje le responsable des fidèles rapatriés du Rwanda.

 

Non à l'identification et à la vaccination

Les fidèles d'Eusébie refusent en particulier tout ce qui a trait à l’identification biométrique qui serait opposée à leur croyance. Mais cette idéologie les place dans l'illégalité comme le rappelle Gaston Sindimwo, le premier vice-président du Burundi.

"Le Burundi reste un pays laïc. Nous laissons au peuple le choix de sa religion. Pas de représailles pour ceux qui respecteront la loi. Mais les hors-la-loi seront toujours frappés par la loi. Nous devons faire aujourd’hui la rétrospective de ce qui s'est passé avec cette secte d'Eusébie", souligne le premier vice-président burundais.

La foi des adeptes d'Eusébie les a placés en conflit avec le Haut commissariat pour les réfugiés en RDC, sur la question de l'enregistrement biométrique mais aussi des coutumes alimentaires.

Après les violences meurtrières de septembre 2017, ceux-ci se sont réfugiés au Rwanda où ils ont passé à peine deux semaines, se heurtant de nouveau aux autorités rwandaises en raison de leur idéologie.

Audios et vidéos sur le sujet