Les acteurs de la crise de succession au Zimbabwe | Afrique | DW | 16.11.2017
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Afrique

Les acteurs de la crise de succession au Zimbabwe

L'action de l'armée zimbabwéenne est l'épilogue d'une longue lutte entre l'ancien vice-président Emmerson Mnangagwa et Grâce Mugabe, l'épouse du président Robert Mugabe. Qui sont ces deux personnages ?

Le président Robert Mugabe du Zimbabwe doit se rendre compte que c'est bien la fin. Alors que le vétéran de la guerre d'indépendance est toujours en résidence surveillée et sous contrôle de l'armée, une question se pose: qui va lui succéder? Le prochain leader du Zimbabwe pourrait ne pas être un inconnu.

Ces dernières années, au moins cinq personnalités politiques font figure de potentiels successeurs.

Mais l'action de l'armée zimbabwéenne est en tout cas l'épilogue d'une longue lutte entre l'ancien vice-président Emmerson Mnangagwa et Grâce Mugabe, l'épouse du président Robert Mugabe.

 

Infografik Robert Mugabe FRA

 

Emmerson Mnangagwa est surnommé "le crocodile". Ce pseudo, il le doit à son caractère impitoyable et sa discrétion. Mais on sait aussi qu'après une formation militaire en Chine et en Égypte, Mnangagwa a dirigé un groupe de combattants appelé "Crocodile Group", hostile au pouvoir de la minorité blanche.

Comme Mugabe, il a lutté contre la domination blanche dans son pays, à l'époque la Rhodésie du Sud, colonie britannique. Mnangagwa rejoint l'Union nationale africaine du Zimbabwe (ZANU) qui combat le gouvernement du Premier Ministre Ian Smith. C'est ce groupe rebelle qui s'est mué en parti politique au pourvoir jusqu'à aujourd'hui.

En 1965 il est condamné à mort, une peine commuée en dix ans de prison à cause de son jeune âge.

Dauphin de Mugabe

Mnangagwa partage parfois la même cellule avec Robert Mugabe. Il rentre en 1980 dans son pays fraîchement indépendant, le Zimbabwe, après des études de droit en Zambie. Il occupe ensuite plusieurs postes politiques notamment dans le domaine de la sécurité nationale.

Mais la réputation d'être un possible successeur de Mugabe a parfois coûté cher à Mnangagwa. Ainsi en 2004, il perd son poste de secrétaire administratif du parti présidentiel avant de revenir quatre ans plus tard dans les grâces du président.

En 2014 il est appelé à remplacer la vice-présidente Joyce Mujuru. Il réoccupe la position de potentiel successeur du président. Mais une fois encore il est limogé le 6 novembre en pleine bataille de succession avec Grâce, l'épouse du président Mugabe.

Agée de 52 ans, Grâce Mugabe a 41 ans de moins que son époux président à qui elle a donné trois enfants. Pourtant son influence sur Robert Mugabe ne fait l'objet d'aucun mystère. Grâce était d'abord la secrétaire de Mugabe avant de devenir sa maîtresse au moment où la première femme du président était sur le point de mourir.

La jeune dame s'intéresse alors progressivement à la politique et met en fuite toutes les concurrentes. Elle récupère le poste de présidente de la ligue des femmes de la Zanu PF après l'éviction de l'ancienne vice-présidente Joyce Mujuru.

Les affaires de Grâce Mugabe

En décembre prochain, Grâce Mugabe aurait même dû hériter du poste de vice-président de la République. Or sa crédibilité et sa moralité sont plombées par deux affaires : elle est accusée de s'être fait octroyer un faux diplôme de docteur et une employée domestique sud-africaine l'accuse de l'avoir battue lors d'un passage en Afrique du Sud.

Grâce Mugabe échappe à la justice pour l'instant grâce à la protection du pouvoir sud-africain qui lui reconnaît une immunité en tant que première dame d'un pays voisin et ami.

L'étau continue de se resserrer autour de Robert Mugabe

Celui qui se considère toujours comme étant le président élu du Zimbabwe est toujours placée en résidence surveillée, à Harare, la capitale. Des sources militaires indiquent que Mugabe a refusé de démissionner.

Pour tenter de dénouer la crise, le président sud-africain Jacob Zuma a dépêché sur place, deux envoyés spéciaux de la SADC, la  Communauté de développement d'Afrique australe. Pas sûr cependant que cette mission de bons office porte ses fruits. Car, cette médiation, initiée par la SADC arrive un peu tard. Surtout que l’armée, pilier sur lequel s’est toujours appuyé Robert Mugabe a fait défection. Pire, le chef de file de l’opposition, Morgan Tsvangirai vient d’appeler à la démission de son rival historique et à la mise en place d’une transition devant déboucher sur l’organisation d’élections libres et transparentes. Réponse de Robert Mugabe "je ne démissionnerais pas."